Comment se présente cet outil ?

Inspiré des techniques de conte japonaises kamishibaï, il comporte seize planches illustrées et un castelet de carton. Tout en faisant défiler les images, les unes après les autres dans le cadre, l’enseignant raconte aux enfants l’histoire inscrite sur leur face arrière. Dédié aux grandes sections de maternelle, aux classes de CP et de CE1, le récit met en scène une abeille partie à la recherche de ses congénères. En chemin, elle rencontre d’autres espèces menacées comme le tigre, la tortue marine ou le singe bonobo, initiant ainsi les élèves à la richesse du vivant. Les cartons, faciles à manipuler, peuvent ensuite s’utiliser, avec les enfants, comme support de lecture ou d’écriture. Le kit comprend aussi un dossier pédagogique complet pour travailler avec les élèves sur les différentes thématiques abordées dans le conte d’Isabeille et des idées d’activités ludiques, comme la fabrication d’une marionnette butineuse pour expliquer le principe de pollinisation.

Pourquoi avoir choisi cette cible, plus difficile à toucher puisqu’elle ne maîtrise pas encore la lecture ?

Parce que, justement, plus tôt on fait découvrir la richesse du vivant aux enfants, plus ils auront envie d’aller ensuite vers la nature, plus ils l’aimeront et plus ils souhaiteront la préserver. L’éducation passe aussi très bien par l’émotion, l’imaginaire, le sensoriel… A priori, le thème de la biodiversité et de son érosion peut paraître compliqué à expliquer aux plus jeunes, voire un peu anxiogène. Mais pour en parler, nous avons choisi le biais de l’émerveillement et un mode très positif. L’abeille suscite facilement l’empathie. Et nous apportons aux enfants des solutions concrètes pour adopter un comportement éco-citoyen. Le classeur pédagogique propose d’ailleurs un jeu de l’oie ou des jeux de rôle, susceptibles de permettre aux petits de devenir actifs.

Des talents de conteurs sont-ils indispensables ?

Non, car le kamishibaï permet une lecture vivante. Mais il est préférable de s’entraîner face à un miroir pour adapter le défilement des images avec la lecture du texte. On peut même créer des effets de surprise en jouant par exemple sur la vitesse de passage des planches. Il est également possible de faire appel à des bénévoles du réseau « Lire et faire lire » de la Ligue de l’Enseignement avec qui nous travaillons. Un premier test est prévu avec ce dernier en région PACA et ils sont très intéressés !


Nadia Gorbatko