Pourquoi lancer cette nouvelle formation ?

Elle assure la suite de notre Master Erasmus-Mundus sur la conservation de la diversité marine, inauguré il y a deux ans, qui liait déjà plusieurs universités, afin d’ouvrir des perspectives de continuation aux étudiants. Le programme Erasmus-Mundus les oblige à bouger et à s’inscrire dans une autre université que celle dans laquelle ils ont effectué leur Master. Ils ont un large choix puisque ce doctorat dépend d’un consortium qui réunit une dizaine d’universités et autant de partenaires associés, dans une quinzaine de pays, dont deux extérieurs à l’Europe, l’Australie et les Etats-Unis. Cette formation s’ouvre à tous les étudiants, européens ou non, titulaires d’un master, en sciences de la mer de préférence, mais aussi en sciences sociales ou économiques.

Quel en sera le contenu ?

Tout ce qui touche à l’érosion de la biodiversité marine et à l’impact des changements environnementaux sur les écosystèmes marins. On recense six grands domaines de recherche : les changements de l’environnement océanique ; le lien entre perte de diversité et changement des écosystèmes ; les invasions d’espèces exotiques ; l’état et la conservation des ressources naturelles ; la pollution induite par le bruit ; les pertes d’habitats écologiques et leur restauration.

Ce doctorat s’appuie donc sur des problématiques de recherche appliquée ?

Oui, même si certains principes d’écologie générale restent à approfondir. Le lien entre les sciences de l’écologie, l’économie et le social, aujourd’hui assez négligé par la recherche, nous intéresse particulièrement. Il s’avère fondamental si l’on veut comprendre les dysfonctionnements environnementaux et leur trouver des solutions. On ne peut pas plus les déconnecter de l’action humaine que négliger leur impact sur les populations.

Des problématiques qui dépassent l’échelon national et même européen…

Ces questions ne peuvent être abordées et réglées, ni par un État isolé, ni pour une mer en particulier. C’est pourquoi le consortium à l’origine de ce doctorat s’affranchit des frontières et couvre toutes les espaces maritimes européens, continentaux et ultra-marins. L’Union Européenne y attache une grande importance. Pour la mer, l’espace européen de la recherche en écologie et en océanographie reste cependant à construire. Nous n’en sommes qu’au début.

Nadia Gorbatko