Hors-série : L’enseignement des langues vivantes en France (8/8) Sections linguistiques : mode d’emploi

En parallèle des cursus classiques, l’Education nationale développe des sections qui mettent l’accent sur les langues étrangères. Zoom sur trois d’entre elles.

Sections bilangues : deux langues pour le prix d’une

Apprendre deux langues dès la 6°, tel est l’objectif des sections bilangues. Les élèves ont ainsi deux premières langues, enseignées chacune trois heures par semaine, au lieu des quatre heures dispensées traditionnellement pour l’apprentissage d’une seule langue. Le parcours bilangue se poursuit durant tout le collège sur la même répartition horaire.

Organisée autour d’un couple de langues choisi par l’établissement, souvent anglais et allemand, ou anglais et espagnol, la classe bilangue mise sur la complémentarité des langues avec la réalisation de projets communs. La motivation, l’intérêt pour les cultures étrangères et l’envie de communiquer sont les premiers critères de sélection pour intégrer ces classes. Les élèves peuvent, par la suite, rejoindre une section européenne en seconde.

Le succès des sections européennes

Avec 255 798 élèves à la rentrée 2009, soit 10% de plus qu’en 2008, les sections européennes et de langues orientales connaissent un succès grandissant. Les sections anglaises sont largement majoritaires avec 65% des effectifs, suivies des sections allemandes (15%) puis espagnoles (13%). Ces cursus renforcent la pratique d’une langue via 2 heures de cours supplémentaires en 4e et 3e. A noter que certaines sections débutent dès la 6e.

L’organisation évolue ensuite au lycée avec l’introduction d’une discipline non linguistique enseignée dans la langue de la section : « Il s’agit très souvent de l’histoire-géographie, mais les établissements développent de plus en plus d’autres cours », indique Gérard Poux, chef de service d’information et d’orientation de l’académie de Clermont-Ferrand.

Les sections européennes s’adressent à des élèves possédant déjà un certain niveau en langue et prêts à assumer une charge de travail supplémentaire. L’admission se fait généralement sur dossier : « Nous examinons  les notes et la motivation de l’élève. Le professeur de langue et le chef d’établissement peuvent également être sollicités pour avis », précise Gérard Poux. Certains établissements organisent également des tests écrits ou des entretiens en langue étrangère. A la fin du secondaire, les élèves peuvent obtenir l’indication « section européenne » ou « section de langue orientale » sur leur diplôme du baccalauréat, sous condition de réussite de l’examen de langue et d’une épreuve spécifique à la section. « L’option témoigne non seulement de la maitrise de langue, mais aussi d’une curiosité de l’élève et d’un intérêt pour une autre culture », souligne Gérard Poux. « De plus, les formations supérieures introduisent souvent des cours dispensés en langue étrangère. Un élève qui a déjà pratiqué ce type d’enseignement est favorisé. »

Sections internationales : sections cosmopolites

Anglais, Suédois, Indiens ou encore Pakistanais, plus de 80 nationalités sont représentées dans le collège lycée Ferney Voltaire, situé dans l’Ain. Le propre des sections internationales est en effet de scolariser des jeunes étrangers. « Nous accueillons aussi des Français parlant couramment la langue de la section », précise Jean-Paul Brech, le proviseur de ce lycée. « Il s’agit souvent de jeunes qui possèdent une double nationalité, ou qui ont vécu à l’étranger. »

En parallèle du programme classique, les élèves suivent quatre heures de littérature étrangère enseignée dans la langue de la section et quatre heures d’histoire géographie, dont deux heures dans la langue choisie : « les programmes de ces cours sont établis en partenariat avec le pays de la section. Le contenu des sections anglaises, par exemple, est piloté par l’université de Cambridge. »

Tout comme pour les sections européennes, une mention « option internationale » peut être portée au diplôme du baccalauréat. En 2009, 14 745 élèves étaient scolarisés en section internationale, principalement en section anglaise, espagnole et allemande.

Coralie Bach

3 commentaires sur "Hors-série : L’enseignement des langues vivantes en France (8/8) Sections linguistiques : mode d’emploi"

  1. Enyopé  14 janvier 2011 à 14 h 57 min

    Je regrette que votre article ne dise rien des sections abibac, dans lesquelles les élèves passent le baccalauréat et l’abitur. Quel bilan peut être fait de ce dispositif ?Signaler un abus

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  2. Krokodilo  23 février 2011 à 22 h 04 min

    « « les pro­grammes de ces cours sont établis en par­te­na­riat avec le pays de la sec­tion. Le contenu des sec­tions anglaises, par exemple, est piloté par l’université de Cambridge. » »
    Jadis, les quelques élèves étrangers dont vous parlez auraient étudié en français durant des années. Quelques élèves qui suivent une seule matière en anglais, c’est une justification bien mince, anecdotique pour ces cursus. C’est ainsi que, petit à petit, l’anglais remplace le français dans l’enseignement ; c’est une situation et une organisation toute coloniales… Mais si on le dit, on se fait taxer d’antiaméricanisme primaire, secondaire et universitaire ! Accessoirement, l’enseignement d’une matière dans une langue étrangère est anticonstitutionnel, mais qui aujourd’hui se soucie de lois et de Constitution ?Signaler un abus

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  3. Krokodilo  19 avril 2011 à 14 h 25 min

    On peut aussi se demander au nom de quoi les langues ont ce privilège de déterminer la répartition des élèves, dès la 6e. Car ce système a vite dérapé vers des filières de «bonnes classes » déguisées, comme jadis ou encore aujourd’hui dans les grandes villes, lorsqu’on prend une langue rare comme le russe, ou moins demandée comme l’allemand, dans l’espoir que son enfant soit dans « une bonne classe » – lesquelles officiellement n’existent pas, hormis l’orientation en lycée professionnel puis par flières en première.
    Il y aurait plus simple, plus efficace et moins hypocrite : une répartition équilibrée des élèves, un mélange (Hou ! le vilain mot), avec quelques après-midis en modules optionnels inter-classes destinées au renforcement d’une matière au choix (et non un banal soutien scolaire), donc dans une ou deux langues selon les voeux, mais possible aussi dans une autre matière, science, musique, sport, histoire, etc. (Ce thème du choix de niveau est brièvement abordé dans votre article sur les « curricula »). Cette organisation faciliterait également une offre de langues élargie, et un vrai choix de langues…
    Sous l’impulsion de l’UE, qui ne sait comment masquer ou remédier à son anglicisation voyante, les langues n’ont-elles pas acquis dans l’enseignement une place structurelle démesurée – et même contraignante ?Signaler un abus

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