« Nous souhaitions depuis longtemps dédier aux familles un espace qui soit un lieu de médiation, capable de transmettre à partir d’une expérience ludique les valeurs du Muséum », raconte Bertrand-Pierre Galey, directeur général du Muséum(1). C’est ainsi que germe le projet de la Galerie des Enfants, pour aider petits et grands à comprendre les écosystèmes de la planète et à respecter ses équilibres. « Nous avons imaginé cet espace comme un lieu de co-formation où l’on s’émerveille, mais aussi où l’on s’informe. Une façon pour nous de répondre sans catastrophisme aux enjeux de la survie des espèces », commente Bertrand-Pierre Galey. Conçue par les équipes du Muséum et pilotée par un comité d’experts, la Galerie aborde avec pédagogie le thème de la biodiversité via quatre espaces emblématiques mis en scène sur deux niveaux. Complétant la Grande Galerie de l’évolution, elle s’attache à montrer comment l’homme et les animaux cohabitent. Mais aussi les animaux entre eux.

De la ville à la forêt tropicale

Au niveau inférieur, trois évocations de paysages présentent divers types de biodiversité : la ville de Paris, une rivière de la région de la Bassée, en vallée de la Seine, et la forêt amazonienne des Indiens Kayapo au Brésil. « Le but est de partir d’exemples concrets et d’expériences familières – la ville, la rivière – pour amener à la découverte d’un milieu plus lointain – la forêt tropicale », explique Agnès Parent, responsable du projet. Le niveau supérieur prolonge l’espace de la forêt tropicale puis élargit le parcours à une réflexion générale sur la planète. Via divers outils multimédias, les jeunes visiteurs et leurs parents sont invités à mieux comprendre comment les hommes vivent avec la nature, les menaces pesant sur la biodiversité et les moyens d’y remédier. Par exemple, un globe géant d’1,40 m de diamètre montre la répartition des principaux milieux naturels, terrestres et marins. Grâce à deux écrans tactiles, les visiteurs y accèdent en vidéo, découvrent les animaux et les hommes qui y vivent, et s’interrogent sur les changements actuels. Tout au long de la visite, des animateurs sont présents pour répondre aux questions.

Au total, sur les deux niveaux, ce type de dispositifs tactiles et visuels – accessibles aux enfants handicapés- voisine avec près de 400 sculptures d’animaux « à toucher » et spécimens naturalisés ! Des chauve-souris aux tarentules, en passant par le jaguar, quasi toutes les espèces sont représentées. Enfin, deux salles adjacentes proposent des ateliers pour aller plus loin. La première accueille des animations de type contes ou courts spectacles. La seconde est pourvue d’une quinzaine de microscopes pour permettre des observations précises. Une bonne manière concrète et vivante de sensibiliser petits et grands.

Stéphanie Cayrol