Hors-série : L’enseignement des langues vivantes en France (7/8) « L’apprentissage du français continue de progresser dans le monde » 

Langue internationale, le français est de plus en plus parlé dans le monde,  même s’il doit faire face à la concurrence de l’anglais. Les précisions d’Alexandre Wolff, responsable de l'Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

D’après les études de l’OIF (1), le nombre de francophones continue de progresser, et est estimé à près de 220 millions en 2010. Comment expliquez-vous cette évolution ?

L’augmentation du nombre de francophones est incontestable, même si des différences méthodologiques entre nos études nous empêchent de la chiffrer très précisément. Cette progression est principalement due à l’Afrique subsaharienne. Dans un certain nombre de pays, le français est la langue d’enseignement. La croissance démographique de ces États et la hausse du taux de scolarisation ont permis d’augmenter le nombre de francophones.

Qu’en est-il de l’apprentissage du français comme langue étrangère ?

Globalement, la demande de français augmente : le nombre de personnes parlant le français en tant que langue étrangère a augmenté de 5,7% entre 2007 et 2010. Les motivations des apprenants sont très différentes selon les régions. En Afrique, par exemple, il y a une dynamique qui pousse les pays non francophones à apprendre le français. C’est la langue utilisée pour les affaires, le tourisme… Pour l’Asie et l’Amérique, deux continents étrangers au français, c’est la dimension culturelle et prestigieuse qui joue. Cette hausse peut également s’expliquer par des raisons conjoncturelles, comme l’implantation d’une grande entreprise française ou le développement du tourisme. Dans ce cas, des individus se forment à un français de spécialité afin de contribuer à un mouvement économique.

En revanche, l’apprentissage du français accuse une chute de 17% en Europe. Comment la justifiez-vous ?

Le français, comme les autres langues, est victime de l’apprentissage de plus en plus exclusif de l’anglais. Il y a une logique utilitariste qui conduit à réduire le choix des langues, et cela, malgré les discours des États et de l’Union européenne. Certains pays suppriment ainsi l’obligation d’apprendre deux langues.

Le français a la réputation d’être une langue difficile. Cette image joue-t-elle sur la baisse des apprenants européens ?

Certainement, mais cette réputation est à double tranchant. La difficulté supposée de la langue donne au français un certain prestige. On lui prête des vertus de rigueur, de classicisme qui favorisent en partie son apprentissage. Certaines familles font le choix du français pour ces raisons. L’image d’une « langue d’élite » persiste encore…

Au vu de votre étude, le français peut-il être considéré comme une langue internationale ?

Tout à fait. Non seulement le français est parlé par de nombreux locuteurs, mais il répond à différents critères. Tout d’abord, le français est l’une des rares langues apprises sur les cinq continents, et ce dans des proportions significatives. C’est aussi une langue d’enseignement, autrement dit des disciplines non linguistiques sont enseignées en français.
De plus, le français est une langue officielle dans 32 États. Il est également considéré comme une langue officielle et de travail dans la plupart des organismes internationaux, comme l’ONU, l’Union africaine ou l’Union européenne. Il a ainsi un statut particulier dans la pratique des relations internationales, même si son utilisation recule face à l’anglais. Enfin, de nombreux écrivains, chanteurs, utilisent le français alors que ce n’est pas leur langue maternelle.

Coralie Bach

Note(s) :
  • (1) Pour en savoir plus : « La langue française dans le monde 2010 », Organisation internationale de la francophonie, éditions Nathan.

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