Snuipp-FSU : Les professeurs des écoles stagiaires témoignent de leur détresse

Le Snuipp-FSU, syndicat majoritaire du primaire, a livré hier lors d'une conférence de presse les résultats d'une enquête réalisée auprès de plus de mille professeurs des écoles stagiaires.

La pratique accompagnée « nécessaire »

Selon une récente enquête du Snuipp-FSU sur les conditions d’entrée dans le métier de 1027 professeurs d’école stagiaires, 83% d’entre eux, supervisés par un maître d’accueil en début d’année, ont jugé cette pratique accompagnée « nécessaire, voire très nécessaire ». Environ 74% d’entre eux souhaiteraient d’autres périodes d’accompagnement dans l’année. Dans 50% des cas, une classe leur a été confiée au bout d’une semaine seulement. 58% des stagiaires déplorent par ailleurs un manque d’informations administratives, et certains ont abordé la vie de l’école sans savoir ce qu’était un conseil de maîtres ou un livret de compétences.

La peur de ne pas être titularisé

Quatre professeures des écoles stagiaires (PES) de Paris et des Hauts-de-Seine ont accepté de témoigner anonymement lors de cette conférence. L’une d’elles affirme qu’il y a « une situation par PES », mais qu’elle ne connaît « aucun PES qui ne soit pas en difficulté » -en contradiction avec les récentes affirmations de Luc Chatel. Elles dénoncent le « statut flou » de leurs tuteurs, qui ont en charge leur évaluation et auxquels elles n’osent pas demander de l’aide, de peur de ne pas être titularisées. Elles disent recourir au « bluff », et afficher devant les parents d’élèves une confiance qu’elles n’ont pas. Enfin, elles ont peur d’être « responsables de l’échec » de leurs élèves, qui sont les « cobayes » de cette année de transition. Le recrutement, depuis cette année, des professeurs à bac+5 ne change rien : « On peut avoir un doctorat et être totalement incapable d’apprendre à faire une addition », remarque l’une d’elles.

Les futurs masters enseignants, du « bricolage »

Concernant les futurs diplômes de masters en enseignement, appelés à remplacer la formation en IUFM, le Snuipp-FSU « aimerait y croire ». Mais le syndicat exprime de « fortes craintes, car il n’y a pas eu de cadrage au niveau national au nom de l’autonomie des universités ». Ce qui pourrait entraîner de graves disparités entre les formations. « Ce qui nous remonte sur le sujet n’est pas différent de la formation des stagiaires : la pagaille, du bricolage. »

Le syndicat a fait connaître cinq propositions « urgentes » pour améliorer la formation des maîtres. Le Snuipp-FSU compte par ailleurs organiser une journée nationale d’action en faveur de la formation en janvier ou février.

1 commentaire sur "Snuipp-FSU : Les professeurs des écoles stagiaires témoignent de leur détresse"

  1. lou  3 décembre 2010 à 12 h 33 min

    Je suis scandalisée par la non formation des nouveaux professeurs des écoles: ma fille vient de rentrer dans l’éducation nationale après avoir passé le concours, elle va assurer un remplacement dans une classe à double niveau CM1 CM2 avec des enfants en difficulté (en plein milieu de cités à Pontoise) dont un enfant autiste!!Qui peut me dire comment elle peut se débrouiller sans aucune formation?
    Je trouve cette situation scandaleuse! Quel mépris pour ces débutants et pour leurs élèves! Est-ce de cette façon que l’enseignement en France fera des progrès?
    Quelle honte!!Signaler un abus

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