Apprendre la Bourse au lycée

Le lycée Paul Verlaine à Rethel participe depuis deux ans au concours en ligne Apprendre la Bourse, organisé par l'association Finances et Pédagogie. Mini-reportage.

C’est dans la campagne ardennaise que se situe le lycée Paul Verlaine, qui entre le lycée d’enseignement général et celui d’enseignement professionnel, compte quand même 840 élèves.
Cette année, une quinzaine d’élèves du lycée général ont choisi de participer au concours Apprendre la Bourse. Ils sont en seconde option PFEG et en terminale STG, la bourse fait donc directement partie de leur programme, mais ce concours s’adresse à toute classe désireuse de s’initier de façon pratique à un des rouages majeurs de l’économie.

Modalités pratiques

Il s’agit d’un concours national : 270 équipes d’élèves y participent actuellement en France. Les établissements intéressés par le concours doivent s’adresser à leur correspondant local Finances et Pédagogie. A Rethel par exemple, Dominique Claudel, le correspondant Finances et Pédagogie en Lorraine Champagne-Ardenne, est le coordonnateur du projet. Il travaille avec deux enseignantes d’économie-gestion de l’établissement, qui encadrent les élèves.
Concrètement, les élèves, répartis en équipes, disposent tous d’un capital virtuel de départ de 50 000 euros, et peuvent faire leur choix parmi 150 actions. Ils ont dix semaines (le concours prend fin le 14 décembre au soir) pour faire fructifier  leur capital fictif en utilisant une stratégie d’investissement intelligente. Les titres sont donc négociés sur la base des vrais cours du CAC 40, mais avec de l’argent virtuel.

La compétition

Les élèves ont chacun un code d’accès qui leur permet d’accéder en ligne à leur portefeuille et de boursicoter quand ils veulent en temps réel. Ils sont classés chaque semaine en fonction de leurs résultats : au niveau régional, au niveau national, et même au niveau européen, puisque d’autres pays d’Europe y participent.
Les élèves du lycée Paul Verlaine se défendent particulièrement bien : en tête du classement régional, ils sont même arrivés en tête du classement national. Mais attention, le combat est rude –et surtout soumis aux fluctuations boursières et aux stratégies d’investissement. Les élèves ont perdu leur titre de champion et doivent le reconquérir !
Comme il s’agit d’un concours, les gagnants au niveau national seront récompensés : ils auront droit cette année à un week-end à Paris, où ils pourront rencontrer les autres équipes gagnantes européennes.

L’enjeu pédagogique

Mme Zwein, une des enseignantes d’économie-gestion encadrant le projet, explique que ce concours est très positif pour les élèves, parce qu’il crée une dynamique. Il y a une compétition, et les élèves se prennent au jeu, suivent l’actualité boursière sur BFM, s’intéressent du coup aussi plus généralement à l’actualité de la finance et de l’économie. Enfin, ajoute-elle, ce concours développe « l’esprit d’équipe ». Il faut noter que les élèves ici sont tous volontaires : les enseignants ont choisi de ne pas imposer la participation au concours (ce qui est une option possible), mais de le proposer en dehors des cours, à l’heure du déjeuner.
Pour le proviseur, M. Vanderstee, ce concours pédagogique est extrêmement bénéfique : il permet aux élèves d’être en contact direct avec une réalité économique, et complète parfaitement les enseignements plus théoriques. C’est pourquoi il a choisi de le reconduire cette année.
Les élèves eux apprécient l’aspect ludique du concours, et cette forme de pédagogie autre, cependant totalement en phase avec les programmes.

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7 commentaires sur "Apprendre la Bourse au lycée"

  1. echamel  26 novembre 2010 à 12 h 16 min

    Quel malheur ! Notre monde s’effondre, en raison de la financiarisation démente de nos économies. Ainsi,ne minorité s’enrichit de façon éhontée alors que les gens, les citoyens, les salariés s’enfoncent dans des difficultés considérables. Et on apprend dès le lycée à boursicoter !! On formate nos jeunes à la compétition au lieu de les initier à la coopération ! On leur apprend à spéculer alors qu’il faut leur apprendre des valeurs humaines fondamentales, à vivre ensemble ! Quelle triste époque Comme Jean Vilar je pense que cette société est triste, sans esprit et sans avenir parce qu’on ne lui donne qu’à penser fric ! ! Heureusement que de nombreuses voix se mobilisent contre cette évolution dramatique !Signaler un abus

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  2. etchup  26 novembre 2010 à 12 h 33 min

    Je ne suis pas d’accord avec echamel. Je fais confiance aux enseignants pour intégrer cette « compétition » dans une véritable démarche pédagogique. Sinon je doute que le proviseur aurait donné son accord pour un tel projet! Si ces jeunes sont initiés à la bourse, ils sont forcément sensibilisés en même temps aux dangers de la chose, et aux pertes possibles. Tant mieux. Autant le faire tôt et avec de l’argent virtuel, ça devrait leur éviter de prendre des risques inconsidérés à l’avenir. L’exercice leur donne des clés pour comprendre, et ne pas être les jouets d’un système trop souvent opaque.Signaler un abus

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  3. pilou  26 novembre 2010 à 12 h 42 min

    Bonjour,
    La modification des programmes a supprimé l’enseignement des théories économiques, pourtant indispensables à la compréhension et à l’analyse objective de notre société. A contrario, on incite les élèves à entrer par le jeu dans le temple d’une seule et unique doctrine : le libéralisme économique.
    Question : au même titre que pour la laïcité, ne devrait-on pas se limiter à l’enseignement objectif des fondements de chaque principale théorie, sans entrer dans la pratique exclusive d’une d’entre elle ? J’imagine le haro si une fondation organisait un jeu international basé sur les principes de la mutualisation/coopération. Peuples de tous pays…Signaler un abus

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  4. pilou  26 novembre 2010 à 15 h 15 min

    Re-bonjour,
    etchup, je ne doute pas de la capacité des professeurs à tirer parti des cotés positifs de la compétition, mais ce n’est pas le propos. Je ne doute pas non plus que les risques pris par le capital soient analysés et que les leçons des risques spéculatifs soient tirées.
    Ce dont je doute, c’est de la sensibilisation aux risques de la recherche de rentabilité à deux chiffres dans un contexte de croissance à 2 ou 3 %. Je doute que la philosophie du jeu soit d’amener tout le monde à bon port, mais bien seulement ses petits euros. C’est facile de jouer à la bourse, c’est moins facile de jouer à l’économiste, mais beaucoup plus intéressant. Et la bourse est tout sauf un modèle que je veux pour mes enfants ! spéculer sur tout et rien, surtout sur la chute de certains, la pénurie, les dividendes potentiels sous réserve de plan social ou/et de délocalisation, etc… je caricature volontairement, mais nous somme loin d’un idéal de valeurs et de société.Signaler un abus

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  5. pat  29 novembre 2010 à 18 h 08 min

    Je suis scandalisée par ce genre de pratique. Dans le contexte de crise actuel où la finance international veut imposer sa loi aux peuples que des enseignants fassent participer leurs élèves à ce type de jeux, c’est honteux !!! Je suppose qu’ils n’ont pas l’intention de les initier au syndicalisme…Patricia Prof. d’économie gestionSignaler un abus

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