Tout commence en 2005. L’Académie de Rouen et ses partenaires (1) se réunissent pour élaborer une démarche inspirée des agendas 21 territoriaux. Ils partent d’un constat : placer un bac de récupération des piles usagées dans le hall d’une école ou collecter du papier dans un collège, c’est bien, mais comment s’assurer que les élèves comprennent l’utilité de ces gestes et les appliquent ensuite dans leur vie quotidienne et sur le long terme ? Ils élaborent alors une charte des établissements et écoles du développement durable (EdDD) où ils expriment leur volonté commune « d’éduquer, de former, de participer et faire participer tous les acteurs de la communauté éducative à la mise en œuvre du développement durable au sein de l’établissement ou de l’école et au-delà ».

De la charte au label

2007 : alors que l’Education nationale lance tout juste ses « Etablissements en démarche de développement durable » (E3D) (2), la Haute-Normandie compte déjà plusieurs dizaines d’écoles, de collèges, de lycées de l’Education Nationale publics et privés et de l’Enseignement Agricole, engagés dans des programmes d’actions concrètes de développement durable. Aujourd’hui, 199 établissements ont signé la charte et 44 sont dotés du label mis en place par le Rectorat en 2009, qui vise à encourager ceux qui souhaitent s’engager encore plus avant dans le projet. « Pour entrer dans le dispositif, l’établissement doit désigner son correspondant du développement durable » explique Catherine Bourse, inspectrice d’académie et conseillère technique croissante verte.

« Après avoir suivi notre formation de trois jours, c’est lui qui est chargé de recueillir l’avis de la communauté éducative sur les actions qu’elle souhaite mettre en œuvre avec des partenaires locaux, associations, collectivités ou entreprises. Ensuite, avec son comité de pilotage, il retient deux ou trois axes de travail qui sont inscrits dans le projet d’école ou d’établissement ».

Former les citoyens de demain

A Montville par exemple, au collège Eugène Noël, personnels et élèves ont été formés au tri sélectif et le club théâtre a imaginé une pièce intitulée « Le tri, ordure dur ! ». Un verger conservatoire a été créé, et les élèves, qui suivent la pousse de leur arbre pendant quatre ans, peuvent repartir avec lui en fin de troisième. Quant au lycée Aristide Briand, il a mis en place dès 2007 une seconde générale « action développement durable ». « Pour nous, il s’agit avant tout de former les citoyens de demain mais aussi de favoriser la connaissance des filières qui recrutent dans le domaine du développement durable » conclut Catherine Bourse.


Estelle Nouel