Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite permet moins d’économies que prévu. C’est ce qui ressort d’un rapport de la Cour des comptes récemment remis aux députés. Le document chiffre notamment avec précision l’effet de cette mesure dans l’Éducation Nationale, où les suppressions de postes sont censées avoir dégagé 396 millions d’euros d’économies en 2009. Mais, selon la Cour des comptes, les gains réels ne se sont finalement élevés qu’à 138 millions d’euros.

Il faut en effet en déduire l’augmentation de l’enveloppe des heures supplémentaires consécutive aux suppressions de postes (120 millions d’euros) et la part redistribuée aux personnels (138 millions). Cette rétrocession n’a d’ailleurs représenté que 35% des économies réalisées. Si, comme cela avait été promis, la moitié des gains de productivité avait été rétrocédée, l’économie globale se serait encore réduite et n’aurait plus atteint que 75 millions d’euros. Selon la Cour, le phénomène devrait se reproduire dans le même ordre de grandeur cette année.

Depuis 2008, 40.700 postes ont été supprimés dans l’éducation nationale. 16.000 autres suppressions sont programmées dans le projet de budget 2011 actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale. Réunies au sein du collectif « L’éducation est notre avenir », les principales organisations représentatives du monde éducatif ont annoncé l’organisation d’une journée nationale de mobilisation le 22 janvier prochain, pour protester contre ce budget 2011 de l’Éducation nationale.