« Ado, j’achetais les livres de poche selon leur numéro. Je croyais qu’il fallait les lire dans l’ordre » confesse Daniel Picouly. Le jeune garçon naïf a fait du chemin, et est aujourd’hui un auteur à succès. Pourtant, rien ne prédestinait ce fils de chaudronnier à une carrière d’écrivain.

Une scolarité fantaisiste

Enfant, Daniel Picouly connait une scolarité « fantaisiste » et privilégie les jeux aux leçons : « J’adorais aller à l’école, mais je ne comprenais pas pourquoi on mettait des cours entre les récréations ! » Seules les lettres et la gym trouvent grâce à ses yeux. Mais c’est en comptabilité qu’il est orienté en fin de 3ème. Il poursuit ses études, et intègre l’université d’Assas, puis Dauphine : « plutôt sidérant pour un cancre comme moi ».

Après une maîtrise de gestion, il entame un doctorat qu’il est contraint d’arrêter à la mort de son père en 1973. L’enseignement recrute. Daniel Picouly devient donc maître-auxiliaire dans des lycées de banlieue parisienne, avant de passer, 15 ans plus tard, les concours pour être professeur. S’il garde de très bons souvenirs de cette période, il reconnaît que les conditions d’exercice du métier ont changé : « auparavant, les professeurs pouvaient assurer un travail à leurs élèves, à condition qu’ils étudient. Aujourd’hui, les enseignants ont perdu cette crédibilité. Comment demander des efforts à des élèves qu’on projette au chômage ? »

Le Prix Renaudot

Parallèlement à ses heures de cours, Daniel Picouly continue d’écrire : « l’écriture a toujours été une activité aussi naturelle que le football pour moi. » 11éme d’une famille de 13 enfants, il prend l’habitude de raconter des histoires à ses sœurs pour les occuper. Il ne s’est jamais arrêté depuis. En 1991, il publie son premier roman « La lumière des fous ». Mais c’est « L’enfant léopard » qui lui apporte la reconnaissance, avec le Prix Renaudot. Premier tome d’une trilogie historique dédiée au Chevalier de Saint George, il est suivi de « La treizième mort du Chevalier ».

Face au succès, Daniel Picouly arrête l’enseignement pour se consacrer à la littérature. Il compte aujourd’hui à son actif une dizaine de romans, dont plusieurs sont autobiographiques, comme « Le champ de personne » et « Le cœur à la craie ».

L’animateur télé

Chaque vendredi, il quitte le calme de son bureau d’écrivain pour retrouver l’animation des plateaux télévisés. Depuis 2006, il présente Café Picouly sur France 5, une émission consacrée à l’actualité littéraire et culturelle. Cet enfant de famille nombreuse retrouve ainsi l’esprit d’équipe qu’il affectionne tant : « J’ai toujours eu besoin d’un équilibre entre l’individuel et le collectif. »

Le parcours de cet ex-jeune de banlieue devenu un écrivain renommé ressemble à un roman. Il pourrait être érigé en modèle, mais Daniel Picouly s’y refuse : « mon cas n’est pas une généralité. Je ne peux pas dire : regardez-moi, j’y suis arrivé, donc vous aussi vous pouvez réussir. Ce serait oublier toutes les personnes qui m’ont aidé. »