En Seine-Saint-Denis, où vivent souvent des familles fragilisées qui ont de plus en plus difficilement accès aux soins, on compte 32 médecins scolaires. 32 pour près de 300 000 élèves.

Leparisien.fr indique également que dans le département, à peine 20% des écoliers de 6 ans ont droit à une visite médicale, pourtant obligatoire.

Mais en Mayenne par exemple, la situation est encore pire : fin septembre, Ouest-France Pays de la Loire, dans un article intitulé « En Mayenne aussi, on manque de médecins scolaires », citait le chiffre-effarant- d’un médecin scolaire pour 25 927 élèves !

Or, explique le Dr Jocelyne Martin-Dechanet, déléguée pour l’académie de Nancy-Metz du Syndicat national autonome des médecins de santé publique de l’éducation nationale (Snamspen),  « selon les normes, il faut compter un médecin pour 5 000 élèves.  » (Le Républicain Lorrain 29/09/2010). On en est bien loin ! Et pourtant, il y a une véritable demande.

Les élèves ont besoin d’une écoute

« Au quotidien, les jeunes de cet âge ont besoin d’une écoute » déclarait le 14 octobre dernier sur leparisien.fr Essonne, Jean-Michel Marchand, délégué de la fédération de parents d’élèves FCPE, au collège Charles-Péguy de Morsang-sur-Orge. Et d’expliquer : « Il y a aussi toutes les actions de prévention, notamment sur le suicide ou la contraception. Et ce ne sont pas aux profs, qui gèrent des classes de plus en plus surchargées, qu’on peut demander cela. « Vu les besoins, comment expliquer un si cruel manque d’effectifs ? Paradoxalement, il y a des postes à pourvoir, mais pas assez de candidats ! Toujours dans le même article du site leparisien.fr, il est précisé qu’ »au dernier concours, 97 postes étaient ouverts pour l’académie de Versailles dont dépend l’Essonne. Seule une soixantaine de candidats se sont présentés, 43 ont réussi les épreuves et… 35 ont accepté le poste. »

Dans l’article « Les médecins scolaires sont à bout », l’argument de la très faible attractivité du métier est également mise en avant. Jocelyne Grousset, déléguée au Syndicat national des médecins scolaires et universitaires (SNMSU), le dit sans ambages : « Nous sommes les médecins salariés les plus mal payés de France ». Un médecin scolaire gagne en moyenne 1700 euros par mois, alors qu’un interne en dernière année gagne déjà 2000 euros. Dans de telles conditions, faire de longues études et passer un concours s’avère peu motivant.
Une profession sacrifiée ? Et avec elle, le suivi de la santé de milliers d’élèves ? On est en droit de se poser la question…