Les Etats-Unis recrutent une minorité de leurs enseignants parmi les meilleurs diplômés, contrairement aux pays dont les systèmes éducatifs sont les plus performants : Singapour, Finlande, Corée du Sud. Dans ces pays, les enseignants sont tous issus du tiers supérieur des bacheliers et des étudiants, la profession est perçue comme prestigieuse et le salaire suit, avec notamment des systèmes de primes au mérite. Tandis que seuls 23% des enseignants américains sont issus du tiers supérieur du bassin académique, selon une étude récente. Dans les quartiers défavorisés, ce pourcentage tombe à seulement 14%. D’après les auteurs de l’étude, le salaire est un facteur déterminant : un professeur débutant à New York gagne par exemple 45.000 dollars par an (32.000 euros) – contre 160.000 dollars pour un avocat. En moyenne, un enseignant américain gagne 67.000 dollars (48.000 euros) annuels en fin de carrière.

Consultée sur le sujet, Kate Walsh, présidente du Conseil national sur la qualité des enseignants, estime que la sélection des futurs enseignants devrait être plus forte, pour éviter des choix de carrière « par défaut ». « Il est plus facile de rentrer dans une école de formation à l’enseignement que de rentrer dans un programme de football universitaire, » affirme-t-elle. Les programmes de sports-études à l’université requièrent en effet une bonne moyenne et un score minimum au SAT (l’examen standardisé d’entrée à l’université), ce qui n’est pas le cas de tous les programmes de préparation à l’enseignement.