Sur VousNousIls, nous avions donné la parole , au début du mois, à deux enseignants débutants : bien qu’affectés dans des établissements pas particulièrement difficiles, ils se sentaient découragés. Alors que dire des débutants lancés sans préparation aucune dans les zones difficiles ?

Le journal municipal de Vénissieux (expressions-venissieux.fr, 15/10) publie le témoignage de deux jeunes enseignants affectés dans la ville, en ZEP, Marie, professeur des écoles et Thomas, professeur d’histoire. Le titre de l’article ? « De jeunes enseignants démoralisés ». Extraits : « Quand on est à la fac, on est entre nous, Et on n’imagine pas vraiment les conditions de travail des profs. On ne nous en parle pas ! » se désole Marie. Pour elle, « la formation que donnaient les IUFM était essentielle ».  Et les deux jeunes enseignants, « seuls derrière [leur]bureau », se sentent « démoralisés ».

Julie, 30 ans, professeur agrégée de français, raconte elle ses débuts dans un collège sensible de l’Essonne dans le quotidien La Croix (18/10). Elle narre par exemple comment l’apparition d’une guêpe en classe suffit à faire tout dégénérer : « Une guêpe entre alors dans la classe, et c’est la foire généralisée. Les élèves se mettent à crier, monter sur les tables, frapper dans tous les sens pour atteindre la bestiole. Je ne contrôle plus rien jusqu’à ce que la guêpe sorte par la fenêtre. » Elle ose affirmer qu’elle oscille « entre colère rentrée et connivence passagère », et se demande si elle aura « assez de force » pour poursuivre.

Quant à Marc, professeur stagiaire d’anglais dans un collège du Val-de-Marne, il confie à 20minutes.fr avoir tout bonnement craqué : il est en arrêt maladie.

Dans un tel contexte, des professeurs et CPE stagiaires de collège et de lycée, en filières générales, techniques et professionnelles, ont fini par se regrouper dans un collectif au nom emblématique : Stagiaire Impossible .

Lors de son AG qui a eu lieu hier à Paris, le collectif a formulé trois revendications :
moins d’heures de service, un tuteur pour tous, des conditions de validation transparentes.

Le Snes-FSU (principal syndicat du secondaire) organisait également hier une « journée nationale d’expression des stagiaires », pour protester contre les conditions inadmissibles dans lesquelles ils démarrent le métier. Luc Chatel promet de son côté de faire un bilan (lexpress.fr 20/10) de la situation en novembre avec les syndicats, et commence à parler de masters enseignants en alternance…