Grandes écoles et universités demandent un aménagement de la loi pour pouvoir mettre en place des cursus où les cours seront entièrement dispensés en anglais. Objectif affiché : multiplier par trois en dix ans le nombre d’étudiants étrangers.

Pour l’heure, la loi Toubon, qui défend la langue française, impose le français comme langue d’enseignement et de soutenance de thèse. Seuls les établissements dispensant un enseignement « à caractère international » ou accueillant un minimum d’étudiants ou d’enseignants étrangers n’y sont pas soumis.

De fait, de nombreuses écoles d’ingénieurs ou de commerce proposent déjà des cursus en anglais. C’est également le cas de certaines universités, comme Toulouse-I, la première à avoir mis en place, il y a plus de dix ans, un cursus en anglais de la première année au doctorat.

Mais, explique Pierre Tapie, le président de la Conférence des grandes écoles, « une évolution est nécessaire car l’instabilité juridique est très grande, les blocages sont nombreux et les politiques nous tancent régulièrement sur nos cursus en anglais ».

L’enjeu est important, notamment sur un plan financier : les frais de scolarité pour les étrangers sont, en effet, beaucoup plus élevés et peuvent se situer entre 3000 et 8000 euros. La CGE propose même de les porter à 12.500 € pour 80 % de ces étudiants, ce qui apporterait « 5 milliards de devises dans le système, soit 7 fois l’équivalent du grand emprunt dans le secteur ».