Un livre sur les réformateurs sociaux et l’éducation

Alain Bataille, professeur d'histoire-géographie à la retraite, et Michel Cordillot, professeur de civilisation américaine à l'Université Paris VIII, sont les auteurs d'un livre très complet sur la place de l'éducation dans les réformes sociales du XIXè siècle.

Ce livre à paraître mi-septembre(1) est avant tout un recueil de textes : traités d’éducation, manuels, pamphlets, manifestes… dont les extraits sont classés par grande période chronologique, de la Monarchie de Juillet aux premières années de la Troisième République.

Les auteurs cités, parfois oubliés par l’Histoire, sont pourtant étonnants de modernité. Prenons l’exemple du libraire Charles-Antoine Teste qui, dans son Projet de Constitution républicaine daté de 1833, souhaitait déjà que « toute la jeunesse […] reçoi[ve] une même éducation gratuite, commune et obligatoire ». Encore plus actuel, le député Paul Bert, dont le projet de loi de 1879 contient déjà les majeures dispositions des lois Ferry. Paul Bert, il y a 131 ans, défend déjà l’importance pour l’Etat de protéger les droits des enfants face aux négligences du père, la gratuité et la laïcité de l’enseignement, l’introduction de l’éducation civique. Il s’avère quasiment visionnaire quand il se fait le chantre de la nécessité de donner aux instituteurs le statut de fonctionnaire, et de procéder à l’évaluation des capacités des futurs enseignants au cours d’un stage pratique !

Alain Bataille nous explique la démarche suivie :

« J’ai été enseignant, formateur d’enseignants, et je suis fondateur du musée du livre scolaire d’Auxerre : je m’intéresse donc depuis longtemps à la transmission du savoir. La période choisie (1830-1880, ndlr) a été très riche en réflexions, et notamment sur la place de l’éducation dans la société. L’importance de l’éducation pour tous, de sa gratuité, le rapport entre l’éducation générale et l’éducation particulière, l’apprentissage, la formation professionnelle,… Toutes les questions sont là, à mon avis.

Souvent, les manuels scolaires et les livres qui traitent du sujet évoquent les réformateurs de l’éducation, mais ne fournissent pas les textes ! C’était important que le lecteur puisse s’y reporter, pour ressentir l’indignation, le dynamisme, les différents sentiments des auteurs. Nous avons aussi accordé une juste place aux réformatrices -car il y en a eu !- et au sujet de l’éducation des femmes, trop souvent délaissé. Nous avons volontairement limité nos commentaires à la mention de l’originalité des documents. »

Michel Cordillot pense que chacun trouvera dans ce livre des pistes de réflexion pour l’avenir, et notamment la nouvelle génération d’enseignants :

« Cette thématique est intéressante parce qu’on voit que ce n’est pas simplement les grands noms qui s’y intéressaient à l’époque, mais tout le monde : l’éducation, c’était la solution pour une réforme sociale. Jusque dans les milieux ouvriers, où la question était abordée avant les revendications salariales !

Les jeunes qui entrent à leur tour dans l’enseignement, vont ainsi s’apercevoir que beaucoup de personnes avant eux se sont posé les mêmes questions -mais aussi, que c’est un champ qui reste ouvert ! Toutes les questions n’ont pas été résolues, loin de là. Tous ces nouveaux professeurs vont forcément avoir leurs propres conceptions, leurs idées sur la façon d’améliorer l’enseignement. Et se soucier de l’enseignement, c’est se soucier de l’avenir. »

Note(s) :
  • (1) Former les hommes et les citoyens - Les réformateurs sociaux et l'éducation, 1830-1880 (Editions de Paris). Sortie le 16 septembre en librairie.

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