« Au Japon, l’année scolaire débute en avril : les universités sont donc encore ouvertes pendant l’été. La plupart des universités japonaises sont privées, et même les quelques universités d’Etat sont très chères. Elles disposent donc de beaucoup plus de moyens qu’en France ! Les campus sont organisés à l’américaine : les locaux sont étalés sur plusieurs hectares, avec de grands espaces ouverts.

A proximité de Kandai(1), tout le quartier est organisé autour de la fac. Une rue relie la gare à l’université, et on n’y trouve que des magasins à destination des étudiants : librairies de manuels, boîtes à photocopies… »

« Il y a un dortoir, mais plutôt réduit. La plupart des étudiants retournent soit dans un logement individuel en ville, soit chez leur famille, même quand leur ville d’origine est à plus d’une heure de train – par exemple Nara, ou Kyoto… Notamment pour des questions de budget : le logement coûte beaucoup plus cher qu’en France, c’est beaucoup plus pratique de retourner chez les parents. »

« Ce qui m’a le plus frappé, c’est que chaque étudiant de deuxième cycle a droit à un bureau individuel. Ils peuvent se faire prêter un ordinateur de bureau par l’université, ou apporter leur portable. On m’a dit que ces bureaux sont accessibles 24h/24, et en y regardant de plus près j’ai découvert qu’il y avait sur ces bureaux des brosses à dents, des mugs, des paires de chaussons, et même des rouleaux de papier toilette ! En bref, certaines personnes n’hésitent pas à rester plusieurs jours de suite dans les locaux pour faire avancer leurs travaux. Il est connu que les employés japonais se donnent à fond pour leur travail, et on voit que cette culture de l’investissement personnel s’observe déjà pendant les études. »

« Une amie m’a laissé à son bureau pendant qu’elle partait assurer ses fonctions d’assistante de professeur, et toutes ses affaires étaient laissées là en plan… J’ai pensé que je devrais attendre son retour, pour ne pas laisser ses affaires sans surveillance. Mais comme elle partait pour plusieurs heures, je lui ai demandé si elle n’avait pas un casier où tout ranger. Et là, elle m’a dit de tout laisser en place. Je lui ai demandé si elle n’avait pas peur qu’on touche à son ordinateur portable. Elle m’a dit : « Au Japon, il n’y a aucun voleur ! » Effectivement, rien n’a disparu après mon départ. »

« Plus que les moyens financiers, plus que l’organisation des locaux, c’est vraiment leur état d’esprit -leur respect des personnes, notamment- qui m’a semblé favoriser leur réussite. Sur le campus, tout est propre, calme, et tout le monde est détendu : ça m’a évoqué l’université d’Helsinki, en Finlande, que j’ai aussi eu l’occasion de visiter. »




Photos © A.G.