Le député UMP Laurent Hénart a prévenu : « On risque de se retrouver face à des départs massifs ». Telle pourrait être la conséquence du projet de loi voté la semaine dernière en commission à l’Assemblée nationale.

Est en effet abrogée la possibilité de retraite anticipée pour les mères de trois enfants après quinze ans de service dans la fonction publique. Pour bénéficier de ce droit « sans être pénalisées par les nouvelles règles de décote, elles doivent faire leur demande de départ en retraite avant le 31 décembre prochain ».

Si le secteur hospitalier est le premier touché, l’Education nationale n’est pas en reste. Le ministère n’ayant pas donné de chiffres, les syndicats font leurs comptes. Pour le SNUipp-FSU, syndicat le plus important du primaire, entre 11 et 13.500 professeurs des écoles seraient concernés. Joël Péhau, du SE-Unsa, note que parallèlement « on ferme le robinet des recrutements ».

De son côté, le SNES estime que 10.000 enseignants du secondaire sont concernés, dont 5.000 pourraient faire valoir leur droit à retraite avant la fin de l’année 2010.

Georges Tron, le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, se veut rassurant. Pour lui, lors de la mise en place d’une réforme, « il y a effectivement un nombre un peu plus important d’agents, de l’ordre de 10 à 15%, qui partent selon les règles anciennes, mais [que] cela s’équilibre très rapidement ». Il a également précisé que les plans qui se mettent en place ont pour objet de « revaloriser les carrières ».

Enfin, le secrétaire d’Etat a précisé que la fin de ce dispositif se faisait d’une façon « beaucoup plus nuancée qu’un arrêt brutal ».

Christophe Bigot (SGEN-CFDT) résume ainsi la situation : « on risque d’avoir une rentrée 2011 très compliquée ».