Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement obligatoire de la Communauté Française de Belgique, a récemment fait parvenir aux écoles une circulaire sur le choix des lectures scolaires. A la suite de plaintes de parents choqués par le contenu des listes de lecture de leurs enfants, elle suggère aux professeurs de français d’éviter les livres au caractère trop « osé », ou « qui centrent de manière gratuite leur contenu sur l’érotisme et la pornographie. » Généralement, « l’enseignant ne proposera pas des textes qui s’inscrivent résolument dans un registre de mauvais goût ». Consciente de la difficulté de la tâche, elle remarque que « même les chefs-d’oeuvre de la littérature française et mondiale présentent parfois des passages qui pourraient heurter un lecteur non averti. (…) « Vendredi ou les limbes du pacifique » de Michel Tournier, « Le Procès » de Franz Kafka, voire « Madame Bovary » de Gustave Flaubert, la majeure partie de la production d’Emile Zola et bien d’autres encore… » Pour autant, la ministre se défend de toute « censure » ou « pudibonderie » excessive. Elle invite surtout les professeurs de français « à se livrer à une lecture attentive et à une analyse personnelle » des livres choisis.