Les jurys de concours se rebellent. Plusieurs membres du jury de CAPES de lettres classiques ont présenté leur démission  le 14 juillet, pour marquer leur opposition irrévocable au nouveau CAPES de lettres classiques. Le concours 2011 comprendra en effet de substantielles modifications des épreuves pour les candidats :  si l’on reprend les termes de certains des membres du jury, cités sur le site fabula.org,  ce sera même un « CAPES de lettres classiques flambant neuf, sans latin ni grec ».
Dans sa lettre de démission, le jury explique que « la solution adoptée pour maintenir le grec et le latin à l’écrit du concours (à savoir une épreuve ‘fourre-tout’ comportant une brève version latine, une brève version grecque et une question de civilisation) est à la fois peu sérieuse et d’une invraisemblable complication ». Il a donc demandé « au nom de la sauvegarde des humanités, la restauration de deux épreuves de version (latine et grecque). »

Pour l’oral, « la disparition de l’épreuve d’explication de texte latin ou grec, qui n’est nullement compensée par la question de culture antique intégrée à l’épreuve écrite de langues anciennes, est extrêmement dommageable à la formation des enseignants de lettres ». Ce nouveau CAPES sera donc très loin pour le jury de la formation solide et complète attendue pour un professeur de lettres classiques.

Le jury de l’agrégation externe de mathématiques a de son côté voté à la quasi unanimité le 16 juillet une motion contre l’épreuve « Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ».

Il dénonce le fait que dans le nouveau concours, à l’oral, « la juxtaposition des deux volets de l’interrogation est entièrement artificielle », et que « passer sans transition d’une épreuve disciplinaire exigeante d’une heure à un entretien de vingt minutes sur des questions relatives à l’éthique risque de déstabiliser les candidats ». L’agrégation de mathématiques comporte en effet une épreuve orale d’algèbre et géométrie, qui va intégrer cette nouvelle épreuve sur l’éthique, et dont la durée va, de ce fait, passer d’une heure à une heure vingt, les trois heures de préparation à trois heures trente, et le coefficient de 1 à 2. Après l’interrogation purement disciplinaire, le candidat poursuivra donc son épreuve orale sur « Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ». Un quart de sa note sera dédié à cette épreuve. Le jury considère que « la nouvelle épreuve ‘Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable’ est complètement inadaptée au cadre du concours et n’apportera rien de positif aux futurs enseignants ».
Il en demande « la suppression pure et simple ».

Les jurys sont exaspérés et furieusement inquiets pour l’avenir de leur discipline -et de ceux qui l’incarneront.