Laurence Juin : « J’utilise Twitter en cours »

Professeur d'histoire-géographie et de français au lycée professionnel Doriole, à La Rochelle, Laurence Juin a ajouté Twitter à ses outils pédagogiques, l'an dernier, avec une classe de terminale. Avec succès.

Qu’est-ce qui vous a incitée à utiliser Twitter comme support pédagogique ?

Je m’en suis servi avec une classe que je suivais déjà depuis un an. La première année, des élèves m’avaient demandé d’être amie avec eux sur Facebook. J’avais trouvé l’idée intéressante et accepté. Mais je n’ai pas aimé ce mélange entre sphères privée et professionnelle. C’est donc ce qui m’a amenée à leur faire découvrir Twitter, que j’utilisais également, mais qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont évidemment très bien accueilli l’initiative, puisqu’il s’agit de quelque chose de nouveau, qui touche à Internet, à l’échange, et qui joint un aspect ludique au travail, en leur permettant notamment de se connecter à un ordinateur en classe.

Quel rôle joue Twitter dans vos enseignements ?

Nous l’utilisons à la fois en classe et en dehors des heures scolaires. Au lycée, il vient en complément de mes cours. C’est un support écrit qui me permet de suivre le travail des élèves, l’évolution de leurs recherches… Au fur et à mesure, ils me donnent par exemple une partie des réponses aux questions que je leur ai posées. Hors temps de classe, ceux qui le souhaitent trouvent dans Twitter une sorte de territoire où je diffuse des informations complémentaires. Il peut s’agir d’un documentaire télévisé programmé dans la semaine et qui mérite d’être vu, ou d’autres conseils de ce type, pistes de travail ou de lecture…

Qu’en retirez-vous ?

Beaucoup de choses ! La première réside sans doute dans le fait que les élèves travaillent vraiment en communauté et non plus tout seuls dans leur coin. Ils ont mutualisé leur savoir et leurs compétences, tout en gagnant en autonomie. Par ailleurs, j’ai fixé des règles précises : il n’est, par exemple, pas question d’écrire en langage SMS. Même ceux qui éprouvent des difficultés avec l’écrit sont donc régulièrement placés en situation de rédiger. Dans le même temps, les élèves plus timides, qui avaient du mal à se faire une place dans la classe, ont trouvé une tribune, une possibilité de s’exprimer. Enfin, tous se sont pris au jeu, et Twitter les a incités à travailler plus, sans qu’ils s’en rendent forcément compte, d’ailleurs !

Avez-vous identifié des risques, ou des inconvénients ?

On est toujours à la merci d’un élève qui commence à calomnier, ou à écrire n’importe quoi. Des risques, il y en a donc bien sûr. Pour les limiter, nous avons élaboré une charte d’utilisation très stricte dès le départ, qui stipule que l’on arrête à la moindre dérive. Par ailleurs, j’ai intégré l’utilisation de Twitter dans les cours d’éducation aux médias que j’ai dispensés à ces élèves. En l’occurrence, cette classe est très respectueuse des règles. Mais, forte de cette année d’expérience, je vais étendre l’initiative à une autre classe, moins motivée, moins rigoureuse et moins mature, pour voir comment cela peut fonctionner.

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