Etats-Unis : La qualité des recherches publiées en baisse constante

Un collectif d’enseignants-chercheurs américains essaie d’avertir la communauté universitaire des risques de la surpublication d’études. Aux Etats-Unis probablement plus qu’ailleurs, le nombre de recherches publiées est essentiel pour établir sa notoriété, et conserver son poste. Cette pratique de la publication à tout prix (« publish-or-perish ») est encouragée par la hiérarchie universitaire, dont les différents membres ne sont pas nécessairement des experts mais savent toujours compter le nombre d’articles publiés. Pourtant cette situation pose de nombreux problèmes. D’éthique, notamment. Avec l’explosion du nombre de travaux publiés et de celui des revues universitaires qui leur sont consacrées (qui double actuellement tous les vingt ans), un rythme effréné est imposé aux chercheurs, qui tendent à considérer que tout ce qui est vieux d’à peine quelques années n’a plus d’intérêt. Ils perdent de vue la poursuite de la connaissance, n’hésitant pas à faire quelques entorses à la méthodologie pour pouvoir aller plus vite.

Au niveau environnemental -c’est-à-dire en termes de masse de papier- la publication en elle-même de toutes ces recherches plus ou moins valables requiert des moyens très importants – sans oublier aujourd’hui les articles publiés en ligne et imprimés à distance. Des revues scientifiques ultraspécialisées comme Physica A (consacrée à la mécanique statistique) dépassent désormais les 3.000 pages par année. Financièrement, les coûts d’abonnement à une nouvelle génération de revues, pour les chercheurs issus d’universités européennes ou asiatiques mais publiant en anglais, représentent des charges insoupçonnées pour les bibliothèques universitaires. Les coûts d’abonnement totaux des bibliothèques de l’Université de Californie à Los Angeles, par exemple, ont augmenté de 1300% entre 1978 et 2001.

C’est pourquoi il serait intéressant de généraliser l’usage des « compteurs de citations », à l’image du système développé par l’Institute for Scientific Information. En croisant ses vastes bases de données bibliographiques, l’ISI répertorie les chercheurs les plus cités par domaine, ceux dont les recherches sont reconnues par leurs pairs comme des références, pas nécessairement les plus prolifiques. Ce système peut être appliqué aux revues scientifiques : des revues comme Nature ou Science se distinguent ainsi par le nombre d’articles cités par la suite, ce qui permet une nouvelle fois de faire le tri entre quantitatif et qualitatif. A quand une mention de leur « score » sur le CV des chercheurs ?

Source(s) :
  • The Chronicle of Higher Education - 13 juin

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