Si la limite des frais de scolarité en université est pour l’instant fixée à 3.225 livres(1) par année, certains s’attendent à ce qu’une réévaluation à la hausse soit la prochaine « trahison » du nouveau gouvernement anglais de coalition. David Willetts, ministre en charge des universités, annonçait en début de mois qu’il faudrait s’occuper du « fardeau » que leur fonctionnement impose au contribuable. Parallèlement, le « Russel Group », qui représente les intérêts de 20 des institutions de recherche les plus prestigieuses du pays (dont Oxford et Cambridge), demande la permission de faire payer aux élèves des sommes plus élevées dans certaines filières à succès. Mais reporter ce coût sur les étudiants n’aurait peut-être pas l’effet désiré. Une étude indépendante, commanditée par l’association à but non lucratif Sutton Trust et réalisée auprès de 2.700 jeunes anglais âgés de 11 à 16 ans par l’institut Ipsos MORI, est révélatrice sur le sujet. On y apprend que si 80 % des jeunes interrogés pensent s’orienter vers des études universitaires, ils ne seraient plus que 45 % si les frais de scolarité doublaient pour atteindre quelque 7.000 livres, et seulement 25 % à 10.000 livres par an ! Toujours d’après l’étude, les élèves issus de milieux défavorisés seraient les premiers à se raviser. Actuellement, l’étudiant anglais moyen quitte déjà l’université avec 22.000 livres de dette.