Dans un entretien accordé au site de l’AEF à l’occasion de cette publication, le professeur affirme qu’ « avec les classements [type Shanghai], les étudiants ne voient plus les universités que comme des marques, qu’il faut porter parce qu’elles sont à la mode, comme un sac Gucci ou autre ».

Il déplore également « que les universités orientent leur management en fonction des classements ». Et que du coup, « pour maintenir une bonne position », elles choisiront par exemple « de faire des sciences de la vie, des sciences dures, d’avoir une école de médecine », valeurs sûres. Au détriment des autres disciplines.

Il reconnaît néanmoins que ces classements ne sont pas prêts de disparaître. En effet, ils « satisfont l’imaginaire populaire ». Mais il faudrait au moins plusieurs types de classements par établissement, suggère-t-il, même si cela est loin d’être parfait.

Enfin, le projet de classement européen, soutenu par la Commission européenne, baptisé U-multirank  et testé actuellement dans 150 université européennes jusqu’en mai 2011, sera peut-être une solution d’avenir. Il devrait permettre de classer les universités européennes selon plusieurs critères : enseignement, étudiants, recherche, innovation, international et rôle régional. Chaque utilisateur pourra donc effectuer sa recherche selon les critères qui lui correspondront le mieux, et non selon les critères figés d’un classement standardisé. Bien qu’il soit favorable à ce projet, Geoffrey Boulton n’est pas totalement convaincu : il risque à ses yeux de manquer de clarté.