Abibac, Esabac, Bachibac, ces noms aux consonances étranges désignent des doubles certifications. Les lycéens engagés dans ces cursus obtiennent un double diplôme de fin d’études secondaires : le baccalauréat et l’équivalent du pays partenaire. Trois pays européens ont pour l’heure signé ce type d’accord : l’Allemagne (Abibac), l’Italie (Esabac) et l’Espagne (Bachibac).

Un parcours bilingue

L’académie de Rennes ouvre ainsi à la rentrée 2010 une seconde Bachibac : « Il s’agit d’un parcours bilingue et biculturel qui donne accès de plein droit aux universités espagnoles » explique Philippe Debray, proviseur du lycée Descartes à Rennes. Le bac et le bachillerato en poche, les futurs diplômés auront en effet le choix de poursuivre leurs études en France ou en Espagne. « Les adolescents que nous accueillons ont une réelle envie de mobilité. Ils sont attirés par une expérience à l’étranger. »

Deux épreuves spécifiques

Le programme correspond à celui de la filière générale choisie, avec toutefois deux particularités. D’une part, trois des quatre heures hebdomadaires d’histoire-géographie sont dispensées en espagnol. D’autre part, la langue vivante 1 est remplacée par un enseignement de langue et littérature espagnole. Ces spécificités se retrouvent dans les épreuves du bac.

Le lycée Descartes a en outre mis en place, en classe de seconde, un enseignement d’exploration intitulé « littérature européenne et société » : « Par ce biais, nous voulons renforcer la dimension européenne des cours », précise Philippe Debray.

Les établissements proposant cette section sont également incités à organiser des échanges avec des lycées hispaniques : « Nous avons créé un appariement avec un établissement espagnol », poursuit-il. « Notre objectif est de réaliser un voyage chaque année et de créer de véritables liens entre les élèves. »

Autre nouveauté de la rentrée 2010 : le développement d’Esabac. Expérimenté pour l’heure dans quelques académies, ce parcours de formation franco-italien sera dispensé dans 38 établissements répartis sur le territoire.

Une sélection sur dossier

Ces trois sections fonctionnent de manière similaire. L’accès se fait sur dossier, avec lettre de motivation. L’élève doit être bon en histoire géographie ainsi que dans la langue étrangère de la section : « Il doit atteindre le niveau B1 du cadre européen dès la fin de seconde (1) » précise Philippe Fatras, inspecteur d’académie DSDEN (2) de Paris. Il faut par ailleurs avoir des notes correctes dans les autres matières.

Toutefois, Philippe Fatras insiste sur l’ouverture de ces parcours : « L’objectif n’est pas de monter des classes d’excellence. Il faut simplement que l’élève soit capable d’assumer la surcharge de travail. »

Enfin, des parcours équivalents sont organisés dans les pays partenaires : « Ces programmes s’inscrivent dans le processus d’harmonisation des enseignements en Europe », souligne Philippe Fatras. De jeunes Allemands, Espagnols et Italiens compteront donc parmi les bacheliers 2010.