Les chefs d’établissement à l’école du Raid

Plusieurs chefs d’établissement de l’académie de Créteil ont suivi, en mars, dans les locaux de l’École nationale supérieure des officiers de police, une formation intitulée « Apprendre à se connaître et à travailler ensemble ». Proviseur du lycée professionnel Benjamin Franklin, à Melun, Christian Bouda en est le responsable opérationnel.

Quel est l’objectif de cette formation ?

Mieux prévenir la violence en milieu scolaire. Les chefs d’établissements peuvent par ailleurs être amenés à travailler en liaison avec la Police nationale, ou avec la gendarmerie, selon la situation géographique de l’établissement. Une fois par an, cette session permet donc d’aller chercher des informations auprès de partenaires que nous connaissons mal, et qui, d’ailleurs, connaissent mal l’Éducation nationale aussi. Elle permet également à ces chefs d’établissement de savoir comment se passent les choses : la gestion des appels téléphoniques d’urgence, le protocole régissant la mise en place d’une intervention…

Comment se déroule-t-elle ?

Elle dure deux jours et regroupe une centaine de personnels de direction stagiaires, déjà en poste mais qui poursuivent en même temps leur formation, et autant d’élèves lieutenant de police. Le premier matin, nous mélangeons les participants et constituons six ateliers de réflexion sur des cas pratiques. Le retour sur ces échanges se déroule l’après-midi. La seconde journée est réservée aux membres de l’Éducation nationale. Des policiers leur présentent par exemple les missions des équipes cynotechniques, susceptibles d’intervenir dans leurs établissements, ou leur expliquent le travail des psychologues et des négociateurs du Raid.

Comment se passe la cohabitation entre stagiaires de l’EN et jeunes policiers ?

Ils se découvrent les uns les autres, notamment pendant la première matinée. D’ailleurs, à leur arrivée, l’amphithéâtre où ils sont accueillis est clairement divisé en deux : d’un côté des tenues bleues, de l’autre des costumes ! Après le travail dans les ateliers et le déjeuner, quand on revient en amphi, tout le monde se mélange. Une confiance mutuelle se met en place alors que, s’ils n’en ont pas dans leur famille ou leurs amis, les personnels de direction n’ont pas forcément l’occasion de discuter fréquemment avec des officiers de police !

Quelles sont les motivations des chefs d’établissement qui suivent la formation ?

La question ne se pose pas vraiment, dans la mesure où ce module est obligatoire. Cela dit, leurs retours sont excellents. Ils apprécient particulièrement le travail sur les études de cas et les échanges qu’ils permettent avec les élèves policiers. Par ailleurs, certaines situations les surprennent toujours, comme les cas de menottages. Avec le commandant de police qui m’accompagne dans la formation, nous essayons de leur expliquer que, dans la réalité, les choses ne se passent pas forcément comme ça. L’un des objectifs d’un bon partenariat, c’est précisément de permettre des interventions en douceur, loin des incidents qui surviennent ici ou là et font alors la une des journaux.

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