ATSEM et enseignant de Maternelle : le binôme gagnant !

L’ATSEM(1) a un rôle prépondérant dans la vie quotidienne des élèves. Pourtant, son affectation dans les classes de petite, moyenne et grande sections de maternelle n’est pas toujours effective, mais lorsque c’est le cas, comme par exemple à l’école maternelle Jean-Baptiste Corot à Igny (Essonne), cet agent s’investit avec l’enseignant pour l’avenir des enfants et forme avec ce dernier un véritable tandem. Témoignages.

Bernadette Roussard est matinale et toujours de bonne humeur. Elle exerce le métier d’ATSEM depuis quinze ans. Sa journée à l’école maternelle Jean-Baptiste Corot à Igny (Essonne) commence à 8 heures. Elle assiste depuis huit ans, Patrick Aumonier, enseignant de petite section de maternelle et directeur de l’établissement.

Tout doit être matériellement prêt pour accueillir chaleureusement les enfants à l’école

Chaque matin, Bernadette se consacre à la préparation matérielle de sa salle de classe : descendre les chaises des tables, y déposer les jouets pour les premiers jeux de la matinée, installer son dortoir pour la sieste de l’après-midi, tailler les crayons, réaliser les derniers découpages, collages en vue de préparer matériellement les ateliers éducatifs de la journée… Autant de tâches parfaitement établies par anticipation et accomplies avec délicatesse et patience afin que tout soit fin prêt à accueillir avec douceur et dans la bonne humeur vingt-neuf petits écoliers âgés 3-4 ans.

C’est lorsque que la cloche sonne que son rôle affectif auprès des petits prend toute son ampleur. Outre le fait de les aider à ôter leurs manteaux, à mettre leurs chaussons pour l’atelier de motricité, les accompagner aux toilettes, Bernadette salue chaleureusement chacun d’entre eux, voire les embrasse : «moi, je suis là pour materner les enfants. Je suis leur référence affective» s’accorde-t-elle à dire. Patrick Aunonier confirme d’ailleurs que Bernadette est «un repaire stable» pour ses élèves. Plus encore, «elle est attentive, toujours d’humeur égale et se tient à leur l’écoute».

Nathalie Rousselet est, quant à elle, ATSEM depuis trois ans dans la même école maternelle, mais affectée à une classe de grande section. Ce qu’elle adore, ce sont les instants partagés à embrasser les enfants dès leur arrivée en classe. «Ce que j’aime le plus dans ce métier, c’est la relation individuelle que j’ai avec chaque élève» déclare-t-elle. «Je travaille beaucoup dans la psychologie et je coucoune l’enfant. Mon rôle est de faire en sorte qu’il se sente bien à l’école, donc je m’assure à bien l’entourer». En effet, même pour les plus grands enfants de maternelle, la présence d’une personne comme Nathalie les rassure. Et ce n’est pas Marjorie Petit, l’institutrice qui travaille à ses côtés, qui dira le contraire : «au quotidien, elle s’occupe toutes les deux minutes des petits bobos, des petits chagrins, elle fait les câlins que moi, je ne fais pas. Les enfants sont très attachés à elle. Quand elle n’est pas là, ils la cherchent».

L’ATSEM prend toute sa place dans la communauté éducative

Le décret n°92-850 du 28 août 1992 attribue clairement aux ATSEM une mission de participation à la communauté éducative.  Véritables assistants des enseignants, ils peuvent encadrer des activités pédagogiques sous réserve que ces derniers conservent en permanence la maîtrise de la coordination du dispositif, qu’ils procèdent au contrôle régulier du déroulement des ateliers et que les ATSEM disposent de consignes claires.

Patrick Aumonier(2) tient assurément à développer les missions éducatives des 6 ATSEM qui travaillent au sein des 6 classes de son école. Ses personnels spécifiques sont investis des projets de classe. «Ce sont pour moi, plus des partenaires dans l’Education, que des agents d’entretien» indique-t-il. En ce qui le concerne, son ATSEM participe activement aux ateliers pédagogiques en classe. Elle «aide ses élèves à se mettre sur les chemins des apprentissages, sans faire à leur place, mais en les soutenant, les conseillant». Bernadette, quant à elle, préfère dire qu’elle est proche des enfants : «j’apporte des explications à ceux qui en ont besoin. Je les aide tout en les laissant faire leur travail eux même».

Quant l’ATSEM devient le véritable collaborateur de l’enseignant

A Igny, les ATSEM aident également les enseignants à évaluer les enfants.  « Il y a un travail de retour de sa part : elle me restitue les informations me permettant de savoir si les enfants sont arrivés ou non à réaliser leur exercice » précise M. Aumonier.

 «J’ai une trentaine d’élèves, et cela n’est pas toujours facile d’être pointu ou pertinent, de voir ce qui a bloqué dans les apprentissages avec les enfants. Par conséquent, son observation est essentielle».  De plus, «c’est toujours bien de ne pas être seul, de pouvoir échanger avec un autre adulte aussi bien par rapport à sa pratique que dans les progrès réalisés ou non par les enfants».

Pour Marjorie Petit, son ATSEM, Nathalie, lui apporte énormément dans la pratique de son métier d’enseignante. «Les ateliers, parfaitement préparés par elle et conduits par moi, se font dans une bonne ambiance. Nous sommes complémentaires, précise-t-elle. «Je suis heureuse de l’avoir à mes côtés. Pour moi, il est certain que je vais avancer plus rapidement dans ce que j’entreprends avec les enfants. Nous sommes beaucoup plus productives à deux et on réalise davantage de choses avec les élèves. D’ailleurs, à sa demande, j’ai accepté de la laisser prendre en charge, en toute autonomie, les ateliers d’activités artistiques (peinture, craie, encre).  Elle peut également, par exemple, me conseiller sur le papier à utiliser. Dans la semaine, elle emmène également un groupe d’enfants à la bibliothèque de l’école : elle leur lit une ou plusieurs histoires. C’est vraiment un privilège de travailler assistée d’une personnalité dynamique comme celle de Nathalie. Sa présence m’est indispensable». Marjorie le souligne d’autant plus, que dans certaines communes, les enseignants de grande section de maternelle n’ont pas d’ATSEM affectés à leurs classes ou seul un agent se voit rattaché à deux classes.  Et à Nathalie de penser : «avec Marjorie, on se comprend, on connaît bien nos rôles respectifs et le périmètre d’intervention de chacune. Cela fait deux ans qu’on travaille ensemble, je connais bien son mode de fonctionnement.  Nous formons un binôme parfait».

Note(s) :
  • (1) Agent territorial spécialisé des Ecoles maternelles
  • (2) Maître des écoles et directeur de l’école maternelle Jean-Baptiste Corot à Igny. Gère 6 classes (171 élèves), 6 ATSEM, 8 enseignants de petite, moyenne et grande sections

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3 commentaires sur "ATSEM et enseignant de Maternelle : le binôme gagnant !"

  1. choune  27 août 2010 à 19 h 36 min

    Bonjour, Bernadette et Nathalie ont vraiment beaucoup de chance elles font vraiment partie de l’équide éducative. Pour ma part je suis atsem et je peux vous dire que c’est loin d’être parfait. Tenue à l’écart de tout le binôme entre enseignant et atsem est loin de fonctionner. Nous sommes sous tention pour ainsi dire toute la journée. Votre école fait rêver….Signaler un abus

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  2. Atsem de France  20 juillet 2016 à 17 h 31 min

    Cet article daté de 2010. Donc, il y a 6 ans. Tout comme le premier commentaire, nous ne pouvons pas faire le même constat. Nous sommes un collectif d’atsem des 4 coins de France. Le « binôme » existe rarement. L’atsem faisant partie intégrante de l’équipe éducative n’est pas encore une chose d’actualité. L’atsem est encore considéré comme « une personne corvéable à merci ».
    Pourtant, nous sommes des agents qui travaillons plus de 9h par jour auprès des enfants. La seule reconnaissance que nous avons : celle des enfants, et celle des parents.
    Nous sommes à votre écoute, pour dresser un bilan 6 ans après. La réforme scolaire a été mise en place, et n’a fait qu’aggraver notre statut. Dressons un constat ensemble ! Collectif Atsem de franceSignaler un abus

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  3. Marie  3 octobre 2016 à 13 h 12 min

    A ce jour là situation s est aggravée car en plus de notre rôle d atsem nous devons entretenir l ecole et faire les TAP on est qu au début de l année et on est déjà sur les rotules je tire la sonnette d alarme auprès des chefs mais rien ne bouge ils ont fait une charte interne à la ville avec dans le profil de poste les TAP à assurer donc on n a plus qu a assurerSignaler un abus

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