Une « Décennie » pour faire bouger l’éducation au développement durable

Olivier Laboulle est membre de la section de coordination de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable à l’UNESCO (2005-2014). A mi-parcours, il fait le point sur ce programme.

Pourquoi cette « Décennie » ?

Tout a commencé en 2002, lors du sommet sur le développement durable organisé par les Nations Unies à Johannesbourg. Un plan d’actions a été adopté. Il stipule que sans un changement de valeurs et de comportements de l’ensemble des citoyens, la lutte contre le changement climatique ou la protection de la biodiversité seraient vouées à l’échec. L’éducation au développement durable (EDD) devient alors une priorité. Et trois ans plus tard, avec l’UNESCO comme chef de file, s’ouvre la Décennie des Nations Unies pour l’EDD dans l’objectif de sensibiliser tous les pays.

Quelles sont vos actions ?

L’UNESCO mène un travail de lobbying politique. Nous cherchons à toucher les hauts fonctionnaires, les ministres et les hommes d’influence des Etats pour qu’ils mettent en œuvre des politiques d’EDD sur leur territoire. Nous jouons le rôle de catalyseur. Nos moyens d’influence ? L’organisation de grands rassemblements de ces acteurs nationaux, comme en 2009, lors de la conférence mondiale de Bonn sur l’éducation au développement durable, où nous avons réuni 50 ministres de l’Education. Nous publions également des travaux de recherche sur l’EDD. Mais aussi et surtout, nous menons un travail de proximité grâce à nos bureaux régionaux et nationaux qui oeuvrent dans plus de 40 pays.

Les enseignants sont-ils directement concernés par vos actions ?

Il s’agit d’une de nos cibles prioritaires. Sans eux pas d’EDD. Mais il est difficile de toucher le corps enseignant qui est très différent d’un pays à l’autre. C’est pourquoi nous avons choisi de nous adresser à leurs formateurs en créant en 2005, avec la Chaire UNESCO de l’Université de York au Canada, un réseau international des représentants des instituts de formation qui compte aujourd’hui plus de 70 pays. Nous venons de les réunir au mois de mai lors d’un symposium international. Nous sommes également partenaires de projets concrets. Exemple en France avec le portail éducatif à destination des enseignants élaboré par Terra Project. Libre et accessible gratuitement, c’est un véritable outil de référence pour l’EDD, adapté aux exigences des programmes de l’Education nationale.

Quel est le bilan de la Décennie à mi-chemin ?

Une chose est sûre, l’EDD est désormais entré dans les esprits, mais il est très difficile de mesurer avec précision les progrès enregistrés. Aujourd’hui, l’UNESCO souhaite concentrer ses efforts sur deux axes en particulier : la formation des enseignants et le thème du changement climatique qui est une porte d’entrée vers l’EDD. A plus long terme, un des objectifs serait de créer des structures nationales pérennes en charge de l’EDD, intervenant dans tous les pays des Nations-Unies bien après la fin de la Décennie en 2014.

Stéphanie Cayrol

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