Australie : Les déçus de la révolution de l’éducation

Avec le programme "Building the Education Revolution" (BER), l'Australie s'est fixée des objectifs ambitieux de rénovation des établissements scolaires, pour lutter à sa façon contre la crise économique.

Depuis 2008 et les premiers signes de récession, l’Australie a préféré un programme de relance économique à l’austérité. Un budget de 42 milliards de dollars australiens (29 milliards d’euros) a été voté en 2009 par le parlement, pour relancer l’économie et créer des emplois. L’aide financière a été répartie sur des questions aussi diverses que les conséquences de la sécheresse parmi les fermiers, le financement de certains foyers en équipements à basse consommation énergétique, des avantages fiscaux pour les PME… L’essentiel de ce plan concernait toutefois les établissements scolaires primaires et secondaires, dans le cadre d’un sous-programme spécifique nommé « Building the Education Revolution ». Ce programme est sous la responsabilité du vice-premier ministre Julia Gillard, également ministre de l’Éducation et des relations sociales. Pour un montant total de 16,2 milliards de dollars australiens (11,2 milliards d’euros), il doit permettre la rénovation de certains locaux spécialisés (laboratoires, bibliothèques, centres d’apprentissage de langues…) et la construction de nouveaux bâtiments (cantines, salles de sport…) dans tout le pays.

Ce programme a été vivement critiqué. L’approche micro-économique, au lieu d’une vaste réforme nationale, ne pouvait déjà pas plaire à tout le monde. Mais la coordination à tous les niveaux n’a pas toujours été efficace. Les derniers projets du programme devaient être finalisés au 30 juin de cette année : en raison de lenteurs administratives, il est aujourd’hui envisagé de continuer la distribution au moins jusqu’en mars prochain. Des abus ont été dénoncés par les médias locaux. Par exemple, la construction d’une cantine de 24 m² a été facturée 550.000$ à Tottenham Central School, petite école rurale. Ces détournements ont notamment été rendus possibles par le faible nombre d’entrepreneurs sollicités, et une approche trop centralisée des demandes, qui n’a pas toujours tenu compte des différences entre les établissements. L’opposition parle de gaspillage d’argent public, et demande la suspension immédiate du programme. Des manifestations de professeurs ont eu lieu récemment à proximité du Parlement pour les mêmes raisons. Tout en affirmant devant les députés que le programme a permis de sauver 200.000 emplois, le premier ministre australien Kevin Rudd a reconnu certaines erreurs et a affecté un gestionnaire au programme, pour contrôler qu’il y a bien un retour sur investissement. En attendant son rapport, les économistes notent malgré tout que le plan a probablement sauvé l’Australie de la récession : le PNB australien enregistre une légère hausse régulière depuis le lancement du programme début 2009, encore confirmée au premier trimestre 2010, malgré une baisse substantielle des investissements privés.

Source(s) :
  • http://abs.gov.au/,
  • http://www.theaustralian.com.au/,
  • http://www.dailytelegraph.com.au/

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