Angleterre : l’avenir de la mastérisation ?

La mastérisation existe depuis longtemps en Angleterre. Mais la formation pour devenir enseignant pourrait bien devenir encore plus sélective, en se basant uniquement sur des critères académiques.

Bien que ce ne soit pas la seule façon de devenir enseignant en Angleterre, la solution la plus sûre reste d’acquérir un PGCE (Postgraduate Certificate in Education, ou diplôme supérieur d’enseignement). Ce diplôme nécessite de suivre des cours appropriés en université : modules spécifiques à la matière d’enseignement choisie, tests sur les compétences de base (calcul, alphabétisation…) Ainsi que beaucoup de pratique dans les écoles locales. A l’issue de la formation, le diplôme est finalement délivré, ou non, par une institution nationale : le GTC (General Teaching Council ou Conseil Général de l’Enseignement). La formation ne dure qu’un an mais puisqu’il est nécessaire de posséder au préalable une licence, le PGCE est reconnu comme un diplôme de niveau master.

Les Anglais ont donc mis en place la mastérisation de la formation des enseignants depuis longtemps. Et ils ne comptent pas en rester là : à l’initiative des Conservateurs, les pré-requis pour devenir professeur devaient évoluer en quelque chose d’ « ouvertement élitiste ». C’est ainsi que David Cameron le prévoyait dans son ébauche de programme pour l’éducation, en janvier dernier. En pratique, il s’agissait de n’autoriser l’accès à la formation qu’aux étudiants diplômés « avec les honneurs » de premier ou second degré(1), mais pas de troisième degré, ou simple diplômés. Ce système de gratification est globalement équivalent à nos mentions. En Angleterre, ces honor’s degrees jouent beaucoup dans l’appréciation des employeurs, notamment.

Aujourd’hui, avec le gouvernement de coalition, ces questions sont plus délicates. Toutefois de récentes fuites de l’entourage du nouveau ministre de l’Education, Nick Gibb, sont révélatrices. Nick Gibb est Conservateur et très attaché aux méthodes traditionnelles (récitation par coeur, se lever en présence du maître, etc.), « parce qu’elles marchent. » Récemment, il a exprimé ses vues sur le système éducatif britannique : « Je préfèrerais voir un diplômé de physique d’Oxford ou Cambridge faire cours sans PGCE, plutôt qu’un diplômé de physique d’une université de troisième zone avec un PGCE. » Beaucoup d’enseignants lui reprochent déjà de ne pas saisir ce qui fait un bon prof. Si une bonne fac ou une mention suffisait, ça se saurait…

Note(s) :
  • (1) Les First-class degree ou Second-class degree récompensent une note moyenne de 70% ou 50% sur les travaux de licence, avec une légère marge laissée à l'appréciation des jurys. Ils représentent un peu plus de 50% des diplômés.

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1 commentaire sur "Angleterre : l’avenir de la mastérisation ?"

  1. Philippa  10 juin 2010 à 20 h 05 min

    Rien à voir avec le design des moutons du blog précédent ! L’apparence est vraiment mieux ! 😉Signaler un abus

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