Enseignement supérieur : entre 37.000 et 50.000 précaires

S'appuyant sur les résultats d'une enquête en ligne, une intersyndicale estime entre 45.000 et 50.000 le nombre d'emplois précaires dans l'enseignement supérieur et la recherche publique en France. De son côté, dans un rapport publié en février dernier, le ministère en compte 10.000 de moins.

4.409 personnes ont répondu au questionnaire mis en ligne entre fin octobre et mi-décembre 2009 par une vingtaine de syndicats et organisations. Ses résultats ont ensuite été décryptés par des sociologues et des statisticiens.

Une hausse alarmante

D’après cette enquête, entre 45.000 et 50.000 personnes, soit environ 20% de l’ensemble des effectifs, occupent des emplois précaires. Chargés de cours vacataires, contractuels, doctorants, docteurs sans poste ou personnels non enseignants… leurs situations sont diverses, même s’ils partagent certaines caractéristiques.

La précarité touche par exemple en premier lieu les femmes : elles constituent 60 % des non-permanents. Elles représentent même 68 % des non-titulaires en sciences humaines, et jusqu’à 90 % des personnels administratifs. En outre, la moitié des précaires a moins de 30 ans. Enfin, beaucoup doivent cumuler plusieurs contrats, souvent de courte durée, et ne sont payés que sur dix mois plutôt que douze.

Ces difficultés ne semblent toutefois pas décourager les vocations : près des deux tiers de ces personnes (64%) affirment vouloir continuer à travailler dans le supérieur ou la recherche.

D’autres chiffres

De son côté, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avance d’autres chiffres, après avoir fait réaliser une enquête sur « L’état des lieux de l’emploi scientifique en France » (2009), présentée le 10 février dernier au Conseil supérieur de la recherche et de la technologie.

S’appuyant sur les données fournies par ce rapport, il estime à 37.000 le nombre de personnels non-titulaires (c’est-à-dire n’ayant pas le statut de fonctionnaires), dont 23.500 dans les universités.

Ces chiffres, précise-t-on au cabinet de Valérie Pécresse, recouvrent des réalités très diverses, par exemple les attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER), les moniteurs, les lecteurs ou encore les maîtres de langue.

L’ objectif affiché reste cependant de faciliter le passage de ces personnels non titulaires en contrat à durée indéterminée (CDI), ou sur des emplois de fonctionnaires. Le ministère rappelle d’ailleurs que des mesures ont été récemment prises à cet effet : création du contrat doctoral, prise en compte grâce au plan Carrières, des expériences d’Ater ou de moniteur dans l’ancienneté des nouveaux maitres de conférences, possibilité de transformation en CDI pour les contractuels…

Patrick Lallemant

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