L’annonce par Nicolas Sarkozy du dépôt, la semaine prochaine, d’un projet de loi visant à supprimer les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme scolaire injustifié a suscité de nombreuses critiques. Selon le texte, la décision de supprimer les allocations reviendrait aux inspecteurs d’académie.

Mais le secrétaire général de leur syndicat, Robert Prospérini, déplore un effet d’annonce : « Ces annonces, un peu à l’emporte-pièce, veulent frapper l’opinion, mais ensuite on ne peut pas les appliquer, notamment car cela crée de la pauvreté ». C’est également l’avis des parents d’élèves de la Peep, qui jugent que « cela aurait pour conséquence de creuser le fossé qui existe entre ces familles et l’institution scolaire ».

Le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, rappelle pour sa part que la suppression des allocations « a fait la preuve de son inefficacité partout où elle a été employée ». Pour la Fédération Unsa Education, l’absentéisme est un « problème complexe [qui] ne sera pas résolu par des mesures simplistes ». Éric Debarbieux, qui préside le comité scientifique des états généraux de la sécurité à l’école, souligne le lien entre violence et absentéisme : « La recherche montre par exemple que près d’un élève absentéiste chronique sur cinq s’absente par peur de la maltraitance entre élèves ».

Enfin, Luc Ferry estime également que cette mesure ne s’attaque pas aux causes du problème. Pour l’ancien ministre de l’Education, en effet, « de nombreux élèves ne trouvent pas leur place au sein du collège unique ».

Sources : AFP, AP, l’Express.fr, France-Info.com, le Parisien, France Soir, Libération, les Échos, Europe 1, la Croix, nouvelObs.com, le Point, la Provence, TF1.fr, rue89