L’incident a eu lieu en début d’année. Il a été filmé et diffusé sur YouTube par un des élèves présents : la vidéo a immédiatement atteint des records de fréquentation (plus d’un million de pages vues en deux mois). Le professeur et physicien Kieran Mullen s’est ainsi retrouvé au coeur d’une polémique sur l’intérêt pédagogique des ordinateurs portables dans l’enceinte des universités.

Beaucoup de ses collègues américains se disent conscients que les portables sont avant tout utilisés en cours pour surfer sur Internet ou chatter avec des amis, ce qu’ils déplorent. Mais les élèves expliquent souvent qu’ils tapent plus vite qu’ils n’écrivent, pour se justifier d’apporter leur ordinateur en cours. Pour les enseignants, c’est un combat perdu d’avance : s’ils interdisent les ordinateurs, les élèves se rabattent sur leurs téléphones, de plus en plus perfectionnés.

Kieran Mullen a depuis publié ses observations personnelles vis-à-vis de l’incident, sur le site de ses recherches. Il explique qu’il avait interdit à plusieurs reprises l’utilisation des portables pendant ses cours. Par ailleurs, l’ordinateur sacrifié pour l’exemple était déjà hors d’usage, avant d’être plongé dans un bain d’azote liquide puis brisé sur le sol : tout avait été convenu à l’avance avec un élève complice. Il rappelle que « les étudiants, dans un grand amphithéâtre, peuvent être distraits si d’autres regardent des films, consultent des sites d’information ou jouent sur leur portable. » Par contre, il dit n’avoir aucun problème avec la prise de notes virtuelle.

Enfin, il avoue que sa démonstration de force « n’a pas eu l’effet désiré : accroître l’attention des étudiants. »