Patrick Gonthier : « Je souhaitais rendre ce que j’avais reçu »

Très attaché à l’école publique et à ses valeurs, Patrick Gonthier s’engage très vite dans l’action syndicale. Il devient secrétaire général de l’UNSA-Education en 2002, fonction qu’il occupe toujours à ce jour.

« Faire fédération » c’est un des thèmes que Patrick Gonthier a développés au cours de ses mandats. Voici près de huit ans qu’il est à la tête de l’UNSA-Education, et tire aujourd’hui un bilan plutôt positif : « Nous avons trouvé un équilibre et su maintenir l’unité de l’organisation. Nous assumons également le fait d’être un syndicat de proposition. Pour moi, c’est important d’être acteur et pas seulement contestataire. »

L’école est une chance

Originaire de la Loire, Patrick Gonthier vient d’une famille modeste et comprend très tôt que l’école est une « chance » : « C’est un lieu d’accueil et d’humanité où personne ne doit décliner son origine ou sa religion. » Il décide de se tourner vers le métier d’instituteur, comme par reconnaissance : « Je souhaitais rendre ce que j’avais reçu » explique-t-il. Il enseigne à différents niveaux, travaille auprès de jeunes handicapés, puis avec des enfants de migrants. En parallèle, il s’engage dans l’action syndicale pour défendre ce service public qui lui est cher.

1986 : le virage syndical

En 1986, il obtient des responsabilités au sein de la section départementale du SNI-PEGC (ex Syndicat des enseignants), un courant majoritaire de la Fédération de l’éducation nationale (FEN). « Il y avait alors un important mouvement social contre la création du statut de maître-directeur ».

Son action militante prend rapidement une grande place dans sa vie : « Plus on s’engage, plus on s’ouvre à de nouveaux horizons. J’ai ainsi été confronté aux problématiques de l’orientation, de la qualification, des questions auxquelles je n’étais pas forcément confronté dans mon quotidien d’instituteur. C’est très stimulant intellectuellement. »

Son engagement le conduit également à négocier avec les représentants du ministère de l’Éducation nationale, une expérience quelque peu impressionnante pour le nouveau responsable syndical. Patrick Gonthier se souvient encore de sa première rencontre avec un recteur : « J’étais terrorisé », confie-t-il amusé, « je le rencontrais au sujet du concours des instituteurs. Le rectorat jugeait les recrutements excédentaires dans l’académie de St Etienne, et souhaitait pouvoir affecter les enseignants dans n’importe quelle autre académie. Nous avons obtenu l’abandon de ce projet ».

Patrick Gonthier grimpe ainsi les échelons syndicaux. Il contribue à différents travaux nationaux, comme les discussions sur la loi de 1989, qui aboutira à la création des IUFM. En 2000, il devient secrétaire adjoint de l’ex FEN, nouvellement nommée UNSA-Education, avant d’en être élu secrétaire général en mai 2002.

L’engagement international

Parmi ses meilleurs souvenirs, le militant retient son expérience au sein de l’Internationale de l’Éducation. Cette fédération mondiale, présente dans plus de 170 pays, défend les droits des enseignants et des étudiants. En 2004, Patrick Gonthier devient le premier Français à être nommé vice-président de l’organisation. A ce titre, il représente le continent européen. Il favorise les rencontres entre les syndicats européens et suit plus particulièrement la situation des pays d’Europe centrale et orientale. « Après la chute du mur de Berlin, beaucoup d’Etats ont basculé dans un tout capitalisme. Les systèmes éducatifs étaient touchés par les suppressions de poste, le manque d’équipement et les atteintes au statut de la fonction publique. » Il effectue des missions d’information sur ce phénomène.

Après deux mandats, il céde sa place à la Norvégienne, Haldis Holst. « Cette expérience a été très enrichissante. Les problématiques sont souvent similaires d’un pays à l’autre. Il est question de budget, de mission de service public, de décentralisation… C’est pourquoi il est primordial pour les syndicats d’échanger leurs expériences. »

L’avenir, Patrick Gonthier le voit dans la continuité du passé, tourné vers la défense du système éducatif. « Il faut redonner de l’ambition aux missions éducatives. Pourquoi ne pas réfléchir à de nouvelles méthodes de travail, en développant par exemple, les phases d’apprentissage individuel ? De même, l’évaluation continue pourrait permettre aux élèves d’acquérir des unités capitalisables. Un redoublant n’aurait pas alors à recommencer tout le programme de l’année. Nous souhaitons en tous cas qu’il y ait un vrai débat sur l’éducation. L’école devrait pouvoir faire l’objet d’un consensus pour avoir enfin une vision à long terme »

Coralie Bach

Patrick Gonthier en cinq dates

1986 : devient responsable adjoint du syndicat de la Loire
1993 : s’engage à l’échelon national dans le Syndicat des enseignants
2000 : secrétaire adjoint de l’UNSA-Education, dirigée alors par Jean-Paul Roux
2002 : devient le secrétaire général de l’UNSA
2004 -2009 : est le vice-président, pour le continent européen, de l’Internationale de l’Éducation

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