Etats-Unis : L’abus de stimulants intellectuels se généralise

Aux Etats-Unis, les antidépresseurs figurent en tête des types de médicaments les plus prescrits. Les drogues psychotropes font ainsi partie du quotidien. C’est pourquoi dès l’école primaire, de nombreux enfants jugés trop turbulents sont mis sous traitement par leurs parents. Pour lutter en particulier contre l' »ADHD », ou attention deficit hyperactivity disorder (en français : TDAH, « Trouble de déficit de l’attention / hyperactivité »), des stimulants sont prescrits dans près de 60 % des cas diagnostiqués. En 2008, 2,5 millions d’enfants âgés de 4 à 17 ans (près d’un enfant sur vingt) ont été mis sous Adderall (à base de sels d’amphétamines), Ritalin (à base de méthylphénidate), ou encore Dexedrine (à base de dexamphétamine). Ces médicaments gardent les enfants concentrés, éveillés… ce que leurs aînés n’ont pas mis longtemps à exploiter. Selon les sources, entre 10 et 25 % des étudiants américains avouent avoir déjà consommé de tels dopants intellectuels (smart drugs). Dans les années 1990, ces médicaments étaient utilisés avant tout pour « booster » occasionnellement les performances scolaires. Si l’action anti-fatigue et d’aide à la concentration reste la première motivation des consommateurs, les études les plus récentes mettent en évidence des utilisations nouvelles, toujours plus préoccupantes. Ces produits seraient de plus en plus usités lors des soirées de fêtes, et ‘sniffés’ dans 40 % des cas de consommation illégale. Certains étudiants les utilisent désormais comme coupe-faim, ou juste pour se changer les idées. Tous ces médicaments comportent un risque élevé de dépendance. Ils figurent sur la liste fédérale des drogues les plus dures pour lesquelles il est possible d’obtenir une ordonnance (classifiées Schedule II drugs, une catégorie de substances dangereuses qui inclut aussi la cocaïne !) Leur diffusion est donc théoriquement très encadrée. Mais les études démontrent aussi l’inefficacité des discours de prévention, tandis que les autorités ont du mal à intervenir. Sur les campus, il est courant de se procurer sa dose auprès d’amis sous traitement, et les pilules circulent très facilement au sein des confréries d’étudiants. Les prix de revente oscillent généralement entre 2 et 10 dollars, le prix maximum étant atteint lors des sessions d’examens, quand la demande est la plus forte.


Sources : Journal of American College Health, Journal of Drug Issues, US Federal News Service, The San Diego Union-Tribune – 15 février

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