Veille documentaire : comment l’optimiser pour les enseignants ?

Autrefois réservée au documentaliste, la veille documentaire est un outil précieux pour les enseignants. Qu’il s’agisse d’enrichir son cours ou de partager de bonnes pratiques, des enseignants affûtés prodiguent leurs conseils pour une veille efficace.

« Si l’action de se documenter sur un sujet se pratique à un instant donné, les activités de veille consistent au maintien de la recherche documentaire dans le temps », explique Christophe Boudry, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication1.

Sébastien Reinders, conseiller pédagogique TIC en Belgique, forme les professeurs aux outils de veille. Il souligne que « la veille documentaire s’adresse à tous les enseignants, de la maternelle au supérieur, que ce soit pour la préparation de cours ou la pédagogie. L’implantation d’une veille nécessite temps et énergie, mais garantit un retour sur investissement extraordinaire ! ».

Sans cette veille, la plupart des enseignants doivent en effet renouveler sans cesse leur recherche. Témoin Fabienne Guychard, prof de français2 : « Je me rends sur des sites contributifs ainsi que sur ceux des éditeurs. Le problème, c’est qu’on trouve tout… ou rien ! Et ma recherche est souvent une perte de temps ! ».

Des outils de veille et de partage

« Il faut commencer par repérer ses critères de recherche et mots clés, qui sont ensuite intégrés dans les outils de veille, c’est le « taggage » et le travail avec les flux RSS », explique Sébastien Reinders, qui recommande Delicious, Feed Demon et GoogleReader.

« Avec Delicious, les enseignants découvrent l’aspect communautaire : d’autres ont déjà effectué les mêmes recherches, d’où l’intérêt de partager leurs ressources ! Ils ont accès à un outil de réseau social, qui leur fera gagner 10 heures en une ! » Outil de partage de sites favoris, Delicious propose pour chaque mot clé des flux qui permettent de suivre toutes les infos et découvertes des autres sur vos sujets favoris.

Slideshare consiste à partager avec les autres enseignants tous ses supports bureautiques (Pdf, powerpoint, etc.), ce qui en fait un vivier d’informations et de bonnes pratiques.

GoogleReader est un des outils les plus simples, en intégrant directement favoris et base d’adresses dans votre recherche. « Netvibes, portail à configurer selon ses besoins et Wikio, outil qui permet de coter3 les sites sont aussi intéressants ».

Bien d’autres outils de veille existent : du simple abonnement aux newsletters, aux forums, jusqu’aux alertes4, agents de surveillance autonomes qui vous informent automatiquement par mail des nouveaux résultats selon les mots clés choisis. Des « agents intelligents5 » permettent par ailleurs une recherche plus fouillée, en mixant plusieurs méta moteurs6.

Sans oublier l’utilisation des réseaux sociaux, tel Facebook ou Twitter : « En faisant partie de groupes d’enseignants sur FB, je m’informe de l’avancée des débats concernant ma discipline », se réjouit Fabienne Guychard.

De son côté, Olivier Leguay, prof de maths dans un lycée d’Orléans utilise Twitter pour la veille en direct. « Au départ, je n’en voyais pas trop d’utilité, mais aujourd’hui j’aurais du mal à m’en passer ! J’ai un compte Twitter sur lequel j’envoie les actualités mathématiques ». Objectif ? Partager ses infos avec ses « followers », soit les personnes abonnées au fil qui suivent les tweets (messages) postés par l’auteur.

Ces réseaux sociaux permettent en un seul clic d’avoir une agrégation d’outils : « J’utilise aussi le moteur de recherche twitsearch. Là ça commence à être intéressant, même si des tweets personnels se mélangent à des informations plus sérieuses… »

Principe de précaution

« En suivant des centaines de flux d’informations, apparaissent des « bruits » spécifiques, qui nuisent à la recherche », confirme Sébastien Reinders. Selon l’outil choisi, il faut alors filtrer et/ou classer les informations, la méthode la plus efficace restant le filtre par mots clés. « Il faut également vérifier ses sources, car il m’est arrivé d’utiliser des séquences en ligne et d’y découvrir des fautes… voire des inexactitudes ! » souligne Marie-Camille Riols, professeur des écoles en CM1 à Bezons (Oise).

« Une fois l’information recueillie, il faut la qualifier et la critiquer ! », appuie Sébastien Reinders. L’arrivée d’outils technologiques toujours plus performants qui facilitent le travail pédagogique, ne doit évidemment pas faire oublier la vigilance la plus élémentaire…

Elise Pierre

(1) Auteur de « Initiation aux outils et méthodes de veille sur Internet en ligne »
(2) Fabienne Guychard enseigne au lycée Pierre d’Ailly, à Compiègne (Oise)
(3) Coter : Les internautes votent les articles qu’ils ont appréciés, ce qui influence directement leur classement, les articles le splus populaires étant les mieux classés, les mieux « cotés ».
(4) On peut créer ses propres alertes en utilisant, par exemple, les sites suivants : Googlealert.com, Alertes de YahooAlertes de Google
(5) Exemple d’agents intelligents : CopernicStrategic finder
(6) Un métamoteur ou métachercheur est un logiciel qui puise ses informations à travers plusieurs moteurs de recherche comme Google ou Yahoo, ce qui permet d’entrer le sujet de recherche une seule fois et d’accéder à plusieurs réponses de moteurs différents.

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