En direct du système éducatif letton

Une jeune lettone fraîchement expatriée nous raconte son expérience du système éducatif. Dans ce petit pays de 2,3 millions d'habitants, tout est intimement lié à la conjoncture.

Kristīne L., 21 ans, a quitté la Lettonie pour la France il y a un an et demi. Après quelques mois de bénévolat à l’île d’Oléron, « trop calme », elle cherche aujourd’hui à intégrer une université parisienne pour étudier sa passion de toujours : la géographie. « Au départ, je n’avais pas prévu de rester en France. Mais la crise a frappé dur et sans prévenir, et j’ai de bonnes raisons de ne pas rentrer. Au pays, mes parents ont tous les deux perdu leur travail. Il n’y a plus d’aide sociale, et comme tout le monde ils peinent à trouver de quoi manger… » Pourtant, la Lettonie ne s’en sortait pas si mal il y a quelques années. « Quand on a intégré l’UE il y a six ans, on avait la troisième plus forte croissance de l’Union ! »

Elle blâme le gouvernement pour ce retournement de situation. « Les ministres changent trop souvent, car ce sont des incapables ! Je n’ai aucune idée de qui gère l’Education actuellement. Quand j’ai quitté le pays, ils voulaient d’ailleurs créer un ministère unique de l’Education, de la Culture et des Sciences. De leur point de vue, si on a plus de responsabilités, il est plus difficile d’être tenu pour responsable de tout ce qui ne va pas… »

Quoi qu’il en soit, elle ne regrette pas ses années d’école. Il n’y a pas vraiment d’écoles privées : « Ce ne sont que des instituts pour les enfants à besoins spéciaux. » L’enseignement est donc gratuit. La maternelle existe, mais n’est pas très fréquentée. « Souvent, ce sont les grands-mères qui s’occupent des enfants la journée. A 6 ans, il y a une année de ‘préparation à l’école’ : les enfants y vont trois, quatre heures par semaine, pour se familiariser avec l’alphabet et ce genre de bases… »

De 7 à 16 ans environ, ce sont les neuf années de scolarité obligatoire à l’école primaire. « Les journées d’école ont des horaires proches de 8h-14h, mais c’est variable d’année en année. L’après-midi, il y a beaucoup d’activités ! C’est au choix des parents. Rien n’est obligatoire, mais personne ne reste inactif… Il y a des institutions spécialisées qui proposent une vraie formation, pour faire de l’art ou du chant par exemple, et des clubs plus informels. » Kristīne, elle, a fait de l’art, du volley-ball, de l’équitation, de l’athlétisme… « Et souvent plusieurs activités à la suite ! »

En dernière année d’école primaire, c’est la grande épreuve. Les élèves doivent obtenir une note d’au moins 4/10 à trois tests sur les quatre obligatoires, pour décrocher leur premier diplôme d’Etat. « Il y a un examen de letton, de maths, de sciences, et de première langue vivante. » Les langues ? Un sujet sensible en Lettonie : la langue officielle est le letton, mais le russe est partout. « Ma génération essaie de ne pas l’apprendre, essentiellement par patriotisme, mais c’est difficile d’y échapper quand 40 % des programmes télé sont en russe. » Elle a donc appris l’allemand et un peu de français à l’école.

Après l’école dite primaire, il y a le lycée. « Le lycée n’est pas obligatoire, mais ce serait idiot de ne pas y aller, on ne peut rien faire à la sortie de l’école… » Il y a la voie générale, en trois ans, qui prépare à l’université. Mais aussi le lycée professionnel, en quatre à cinq ans, où l’enseignement académique est ponctué de longs stages rémunérés. C’est ainsi que l’on devient par exemple coiffeur ou boucher en Lettonie. La majorité est atteinte à 18 ans, comme en France, en fin de lycée : « Les élèves arrivent alors tout fiers, en voiture ! »

Partagez l'article

Google

1 commentaire sur "En direct du système éducatif letton"

  1. Phil  22 mars 2010 à 22 h 51 min

    Voilà la solution, allons en Lettonie pour des stages rémunérés, youhou ! Signaler un abus

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.