Etats-Unis : Le 4 mars pour sauver l’éducation publique

Le 4 mars dernier, le gouvernement a désigné les quinze Etats ‘finalistes’ pour le partage d’une cagnotte de 4,35 milliards de dollars (environ 3,184 milliards d’euros). Il s’agit d’Etats jugés modèles en matière de « suivi des performances des élèves », de « recrutement de meilleurs enseignants », et qui trouvent « des façons de sauver les écoles en difficulté qui pourraient être imitées dans le reste du pays ». Le président Obama cherche ainsi à redynamiser le système éducatif américain, dans le cadre d’un programme intitulé Race to the top –à l’heure où de nombreux politiciens songent plutôt à couper dans le budget de l’éducation publique pour résorber les dettes des Etats. Arnold Schwarzenegger, gouverneur de la Californie, a notamment annoncé des gels de salaire et une hausse des frais de scolarité dans l’enseignement public dès l’été dernier. Mais les contre-mesures présidentielles suffiront-elles ? Pour l’instant, seuls les dix Etats jugés les plus performants se partageront l’argent public. Une forte motivation pour certains : le Tennessee a par exemple adopté en janvier une législation qui indexe la paie des enseignants sur les performances de leurs élèves, pour finir parmi les nominés ! Dans le même temps, le secrétaire d’Etat à l’éducation, Arne Duncan, se dit en faveur d’un développement massif des écoles « à charte » (charter schools), c’est-à-dire financées publiquement mais administrés de façon privée. Il y en aurait déjà quelque 2 000 dans le pays. Certains think tanks et syndicats critiquent fermement cette orientation. Pour eux, le développement de ces écoles semi-privées ne serait qu’une étape intermédiaire vers la privatisation totale de l’enseignement aux Etats-Unis. Certaines écoles à charte sont déjà ouvertement en quête de profits, bien que financées par les contribuables… Les parents d’élèves craignent donc, à terme, une facture plus salée qu’en conservant le système public sous sa forme actuelle, ainsi que l’exclusion des élèves à difficulté de ce système (à l’image des patients à risques exclus du système de santé privé). C’est pourquoi le 4 mars a aussi été choisi comme date pour de nombreuses marches et initiatives de protestation nationales, dans l’espoir de « sauver l’éducation publique ».
Sources : Huffington Post – 3 mars, Business Week – 4 mars

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