Bernadette Groison, une instit à la tête de la FSU

Enseignante dans une école maternelle de la banlieue parisienne, Bernadette Groison vient de succéder à Gérard Aschiéri à la tête de la FSU, la première fédération de l’Éducation.

« Mon père était agent EDF et ma mère travaillait dans le textile. Je ne viens donc pas du tout d’une famille d’enseignants, mais on y accordait malgré tout beaucoup d’importance aux questions d’éducation et à l’école, en particulier publique ». Ces influences familiales, combinées à des périodes de travail en centres de loisirs avec des enfants, donnent à Bernadette Groison l’envie de devenir enseignante.

Un métier passionnant

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Lyon, elle entre en 1987 à l’École normale de Dijon. « À l’époque, je me disais que je verrais bien par la suite s’il me venait l’envie de faire autre chose. Mais j’ai trouvé le métier passionnant, et j’y suis restée ».

Pour son premier poste, la jeune femme est affectée à Nolay, en Côte d’Or. « Je m’en souviens très bien, car, à ma sortie de l’École normale, je ne me sentais pas du tout armée pour enseigner en maternelle. Et je me suis évidemment retrouvée devant des tout petits, à la campagne, à soixante kilomètres de chez moi ! »

Entourée de collègues motivées et motivantes, elle prend goût à l’exercice, au point de rester plusieurs années en maternelle, et d’y être revenue voici quelques rentrées. Entre temps, Bernadette Groison retrouve Dijon et son École normale, mais comme enseignante cette fois à l’école d’application*. Elle occupe ensuite divers postes, connaissant « à peu près tous les niveaux de l’école élémentaire », en Bourgogne, dans le Rhône, puis à partir de 2000 dans les Hauts-de-Seine.

Syndiquée de la première heure

Sa première carte syndicale, Bernadette Groison la prend pratiquement dès son arrivée à l’École Normale. « Nous avions à l’époque un problème d’indemnités de logement à régler. Spontanément, nous nous sommes tournés vers les organisations syndicales. Adhérer et participer à une organisation collective m’a semblé logique et cohérent ». L’étudiante qu’elle est encore vit alors la fin du Sni-PEGC avant de participer en 1991 à la naissance du SNUipp et de la FSU. « Pour tous ceux qui l’ont vécu, ce fut un très grand moment, une très grande aventure. Il y avait tout à créer, avec une idée : on ne fait rien sans les personnels. De simple adhérente, je suis alors devenue militante, prenant rapidement des responsabilités départementales ».

Dès 1993, Bernadette Groison intègre même l’équipe nationale, puis le secrétariat six ans plus tard. « J’ai commencé par prendre en charge le secteur éducatif, avant de devenir secrétaire générale adjointe, puis secrétaire générale du SNUipp de 2004 à 2007 ».

Un jour par semaine

Parallèlement, l’institutrice entre dans les instances de la FSU, la fédération à laquelle est rattaché le SNUipp, dont elle prend les rênes le 5 février dernier. « Je n’ai pas encore eu le temps de vraiment réaliser, dans la mesure où je suis totalement accaparée par l’actualité sociale, très prenante en ce moment. »

A la tête de la première fédération de fonctionnaires, la nouvelle secrétaire générale doit désormais ouvrir son regard à l’ensemble des administrations. « C’est ce qui m’intéresse : il y a bien sûr les questions d’éducation que je connais bien. Mais il y a aussi le Pôle emploi, la territoriale… avec des enjeux très lourds et des questions de fond : la place et le rôle du service public et, derrière eux, la conception de la société. »

Pourtant, malgré ses nouvelles responsabilités, Bernadette Groison continue de retrouver sa classe et ses petits élèves, un jour par semaine. « C’est important à double titre. D’un point de vue personnel, j’apprécie de pouvoir continuer à exercer mon métier. J’aime aussi l’idée de garder le contact avec mes collègues. Pas avec l’illusion que j’aurai de cette manière la température exacte du terrain, mais pour conserver quand même un rapport avec le milieu professionnel, ses préoccupations, sa perception des discours syndicaux… »

Patrick Lallemant


*École rattachée à l’Ecole normale (aujourd’hui à un IUFM), où étudiants et enseignants en formation continue sont encadrés par des Enseignants maîtres formateurs.

Bernadette Groison en cinq dates

1987 : passe le concours de l’École normale de Dijon
1990 : première affectation, à l’école maternelle de Nolay
1993 : intègre l’équipe nationale du Snuipp
2000 : mutée à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine
2010 : élue secrétaire générale de la FSU

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