Marie-Luce Waldmeier : la prof tout schuss

Après avoir elle-même couru deux descentes olympiques, Marie-Luce Waldmeier est devenue professeur d’EPS, responsable du Pôle espoir ski du lycée du Mont Blanc.

Rien dans son entourage ne prédisposait Marie-Luce Waldmeier à devenir un jour enseignante. En revanche, les fées du sport s’étaient largement penchées sur le berceau familial : « Footballeur, mon père aurait pu jouer à un haut niveau s’il n’avait pas dû aller bosser à la Fruitière1. J’ai un frère qui a fait aussi beaucoup de ski, un autre qui a remporté plusieurs titres, dans différentes catégories à moto… »

Une adolescence sportive

Dès le collège, forte de cet héritage, la jeune Marie-Luce franchit une à une les portes qui l’amèneront au départ de deux descentes olympiques. « Nous avions un super principal, qui a fait énormément pour le sport au sein du collège. À la retraite depuis longtemps, il est toujours membre du Comité olympique de Haute-Savoie ».

Avant de se consacrer entièrement au ski, l’adolescente trouve le temps d’être sacrée championne de France scolaire en handball, ainsi que championne départementale sur 60 mètres et en saut en hauteur.

En 1974, elle intègre pour la première fois les filières de la Fédération française de ski, en terminant deuxième du championnat de France cadettes de slalom géant, devant des jeunes filles qui appartiennent déjà à l’équipe nationale.

Les années olympiques

Un an plus tard, Marie-Luce Waldmeier dispute ses premières courses internationales. « On était un bon groupe, avec deux super coachs. On s’est bien amusé, partant souvent avec des dossards élevés et terminant malgré tout dans les dix premières ».

La même année, elle gagne la coupe de France de descente et, progressivement, son visa pour l’élite mondiale. A Lake Placid, en 1980, puis à Sarajevo, quatre ans plus tard, elle est au départ de la course dont rêve tout champion : la descente olympique. « Même aujourd’hui, en reparler continue à me donner la chair de poule… Tout concourt à donner à ce moment une dimension unique ».

Entre ces deux descentes olympiques, Marie-Luce Waldmeier monte deux fois sur le podium d’épreuves de coupe du monde : troisième en 1983, à Megève, puis deuxième l’année suivante au Canada. Elle n’a alors que 24 ans, mais choisit de mettre un terme à sa carrière de skieuse pour reprendre ses études.

La reconversion

« Mes parents étaient ouvriers et à l’époque, même en étant sixième mondiale, on ne gagnait pas énormément d’argent dans le ski. » Au moment de choisir une nouvelle voie, Marie-Luce Waldmeier suit ses affinités sportives, tout en se laissant porter par le souvenir d’enseignants qui l’ont marquée. « Je me rappelle en particulier une prof d’anglais qui mettait à l’amende toute personne parlant français pendant son cours, y compris elle. A la fin de l’année, on s’offrait un super goûter avec l’argent récolté ». Elle part donc à Nice et devient, en quatre ans et tout en travaillant parallèlement, prof d’EPS.

Sa première affectation lui procure un vrai choc : un collège d’Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne. « Je n’y étais pas vraiment préparée. Mais bon… » Deux ans plus tard, en 1990, l’ancienne championne n’hésite pas quand on lui propose de prendre les rênes du Pôle espoir ski du lycée du Mont Blanc

Passage de témoin

« Ça me permettait de revenir dans le milieu, de retrouver ma région, de faire partager une passion et d’apporter mon expérience à des jeunes… » Depuis vingt ans, sans compter ses jours ni ses heures, Marie-Luce Waldmeier incite les futurs champions à persévérer dans la voie qu’ils se sont tracée.

Mais elle leur explique aussi que les blessures sont fréquentes et qu’« il vaut mieux toujours avoir plusieurs balles dans la cartouchière ». Elle aime leurs caractères entiers, cette énergie qui les rend attachants, et qu’elle comprend mieux que quiconque pour l’avoir ressentie.

Une fois sortis du Pôle espoir, elle suit leurs trajectoires, qui les mènent parfois jusqu’aux plus hautes marches des podiums mondiaux et olympiques. « Bizarrement, certains se sont aussi orientés vers des disciplines complètement différentes, comme Jeannie Longo, qui a régné si longtemps sur le cyclisme mondial, ou le rugbyman Olivier Magne ».

A Vancouver, ils sont tout de même douze anciens élèves, qui permettent à Marie-Luce Waldmeier de continuer à vibrer, comme par procuration.

Patrick Lallemant

(1) « La Fruitière » est une coopérative laitière où les paysans apportaient leur lait et où se fabriquaient beurre et fromage.

Marie-Luce Waldmeier en cinq dates

1975 : première course internationale
1980 : participe à la descente des jeux olympiques de Lake Placid
1984 : met un terme à sa carrière de sportive de haut niveau
1988 : première affectation, au collège Victor Hugo d’Aulnay-sous-Bois
1990 : devient coordinatrice du Pôle espoir ski du lycée du Mont-Blanc

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