De 25 à 26 heures d’enseignement obligatoire, deux heures d’accompagnement personnalisé, trois heures d’options : en volume, les terminales des trois séries de la voie générale présentent des profils similaires. Mais leurs contenus seront sensiblement différents.

La spécialisation des terminales sera en effet plus marquée que par le passé : la disparition de l’histoire-géographie du programme obligatoire des scientifiques a, par exemple, déjà été abondamment commentée. A l’inverse, le choix des enseignements de spécialité est élargi : informatique et sciences du numérique en S, droit et grands enjeux du monde contemporain en L, économie approfondie ou sciences sociales en ES font notamment leur apparition.

Revalorisation insuffisante

Objectif affiché : rééquilibrer les filières et briser l’hégémonie de la voie scientifique. De l’avis général, il est toutefois loin d’être atteint. Ainsi, pour Claire Krepper, responsable des lycées à l’Unsa-Éducation, « un véritable rééquilibrage serait passé par une spécialisation accrue de la série scientifique. Or, on y trouvera encore 3 heures hebdomadaires obligatoires de philosophie et la possibilité d’y ajouter 2 heures d’histoire-géo en option ».

Président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, Jean-Jacques Hazan n’y croit pas non plus : « Nous sommes plutôt favorables à un très large tronc commun et à des options qui permettraient à chaque élève de structurer son parcours. Conserver une logique de filières, c’est prendre le risque d’en voir une dominer les autres ».

« Cet aspect de la réforme est complètement loupé », assène pour sa part Thierry Cadart, le secrétaire général du Sgen-CFDT. « Les nouveaux enseignements donneront effectivement une nouvelle identité à la série L. Mais la série S ne nous semble pas véritablement remise en cause dans son statut de série d’excellence. Le rééquilibrage risque donc de se faire essentiellement au détriment de la série ES ».

Porte ouverte vers le supérieur

La nouvelle terminale se veut, en tout cas, une véritable classe de transition entre lycée et enseignement supérieur. Claire Krepper s’en félicite. « Nous pensons en effet que le parcours du lycéen doit être pensé en cohérence avec la suite, comme cela se fait d’ailleurs dans les autres pays européens ».

Pour Jean-Jacques Hazan, cependant cette transition ne se réalisera correctement qu’en remplissant une condition : « qu’une autre pédagogie favorise, en particulier à travers les heures d’accompagnement, l’autonomie de l’élève dans l’approfondissement de ses connaissances, ainsi qu’en termes de méthodologie ».

Enfin, aux yeux de Valérie Sipahimalani, de la FSU, cette évolution présente un inconvénient majeur : elle accentuera l’aspect élitiste du lycée : « Pour nous, le lycée doit se concevoir dans un bloc avec le collège, afin de mener l’ensemble d’une classe d’âge au baccalauréat. Le lier avec l’enseignement supérieur laissera de plus en plus d’élèves sur le bord de la route ».

Patrick Lallemant