Appliquer le droit de retrait, est-ce faire grève ?

Cette question est à l'ordre du jour pour les enseignants du lycée Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine. Retour sur la polémique.

Le 3 février dernier, suite à la violente agression au couteau la veille d’un élève par un groupe de sept personnes extérieures, les enseignants du lycée Adolphe-Chérioux ont exercé leur droit de retrait.

Ils ont repris le travail mercredi 17 février, et ont alors appris que les jours d’absence seraient comptés comme jours de grève, hormis les deux premiers jours, considérés effectivement comme jours de droit de retrait par l’Education nationale. Aujourd’hui, ils se sont rassemblés dans leur établissement pour protester contre cette décision et faire reconnaître « l’exercice du droit de retrait » durant ces deux semaines.

Pour le ministère du Travail, « c’est un non-sens d’utiliser le concept de risque imminent, et donc de dire qu’on est en droit de retrait, deux semaines après un événement ».

« Sauf que ce raisonnement est nul juridiquement, car un droit de retrait ça ne se démembre pas, sauf si un élément matériel nouveau fait cesser le danger », répond à l’AFP Catherine Gourbier, chargée des questions juridiques à la fédération syndicale FSU.

Les enseignants sont en effet loin d’avoir obtenu satisfaction : comme le rappelle le jdd.fr aujourd’hui, ils réclamaient « le doublement de l’effectif de surveillants dans le l’établissement, actuellement au nombre de 11 pour 1.500 élèves ». Or le rectorat leur a proposé « quatre postes d’assistants d’éducation et six médiateurs de réussite scolaire ». Mais pour les enseignants, ces « contrats sont précaires et peu efficaces ».

Ne peut-on tout de même comprendre la réaction des enseignants, lorsqu’un de leurs élèves est violemment agressé en plein cours d’EPS, à coups de couteau, par une bande de sept intrus cagoulés ?

D’un autre côté, exercer durant deux semaines le droit de retrait, est-ce apporter une solution au problème ?

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