Jean-François Bourdon : « Une année extrêmement positive » pour les internats d’excellence

Onze nouveaux internats d’excellence ouvriront leurs portes à la rentrée prochaine, avec un an d’avance sur le calendrier prévu. Jean-François Bourdon est le proviseur du premier internat de ce type, ouvert l’an dernier à Sourdun, en Seine-et-Marne. Il tire un bilan positif de cette première année.

Comment jugez-vous cette première année d’existence ?

Au-delà des difficultés inhérentes au lancement de tout nouvel établissement, dans un nouveau lieu, avec de nouveaux enseignants et de nombreuses innovations pédagogiques, le bilan se révèle extrêmement intéressant, en particulier pour les élèves. Côté résultats, les trois quarts d’entre eux ont des notes supérieures à la moyenne dans ce que j’appelle les disciplines majeures : maths, français, histoire-géographie et anglais. Et ce n’est pas parce que les profs surnotent ! En termes de comportement, on voit les jeunes s’ouvrir, laisser libre cours à leur curiosité… Leur attitude entre eux et envers les adultes, leur façon de s’habiller changent également… On les sent progresser.

Qu’est-ce qui explique ce succès ?

D’abord, l »engagement de tous les personnels : des enseignants aux secrétaires , tout le monde est uni autour d’un projet d’établissement. Ensuite, c’est tout simplement que l’idée est bonne. Les élèves mesurent à quel point nous avons le souci de leur réussite et constatent que nous leur manifestons de façon permanente une autorité bienveillante. Nous leur offrons à la fois des cours, dispensés par des professeurs très motivés et excellents, et tout ce qui constitue l’accompagnement éducatif sur les plans sportif et culturel. Le soir, ils peuvent par exemple pratiquer l’équitation ou apprendre les cuisines du monde. Enfin, les parents sont aussi impliqués dans le projet. Ils ont fait le choix de nous confier leurs enfants et le contrat entre eux et nous fonctionne.

Comment s’effectue la sélection des élèves ?

Ce sont les principaux des collèges qui nous les adressent, après validation par les assistantes sociales, pour être bien sûrs que l’environnement que nous leur apportons permettra aux élèves de bien décoller, de réussir. Ce sont des enfants dont les conditions de vie ne permettent pas la réussite scolaire. Je pense par exemple à une lycéenne dont les trois frères et sœurs partagent la chambre le week-end. Ce sont souvent des enfants qui ont des problèmes familiaux, de rupture… Nous demandons bien sûr un certain niveau scolaire.

Vous évoquiez tout à l’heure des innovations pédagogiques. De quelle nature ?

La principale est d’avoir systématiquement placé les heures d’interrogation écrite, regroupant tous les élèves, de façon régulière dans la semaine. Quatre heures par semaine, les élèves sont en interro, selon un calendrier donné par les profs presque trois mois à l’avance. Cette méthode permet un suivi global par niveau, puisque, par exemple, tous les élèves de troisième travaillent sur le même sujet. Ces regroupements me permettent, en outre, de libérer des heures d’enseignement dont je peux disposer autrement. Nous avons également fortement associé l’éducation civique à l’éducation aux médias. Enfin, nous essayons de revenir un peu sur la notion de classes, pour nous adapter au contenu des cours et aux exigences de la discipline : certains enseignements regroupent jusqu’à une cinquantaine d’élèves. En revanche, l’anglais ne s’apprend qu’en laboratoire de langue. Et, quand il s’agit de découvrir l’apprentissage de la dissertation, il n’est pas question d’être plus de quinze !

Quelles améliorations devez-vous encore apporter au dispositif ?

L’un des principaux enjeux des six mois à venir est l’adaptation des locaux, puisque nous nous sommes installés en urgence dans une ancienne caserne, qu’il faut transformer en véritable établissement scolaire. De gros travaux d’équipement et de remise en ordre sont programmés pour cet été. Nous devons également progresser dans la gestion de l’espace : avec 18 hectares et 8 bâtiments pour 116 élèves, la vie scolaire a, cette année, joué un rôle de surveillance plus qu’elle n’a assuré une mission éducative. Pour le reste, à la rentrée prochaine, nous ouvrons deux classes préparatoires aux grandes écoles : l’une en physique-chimie, sciences de l’ingénieur, l’autre en éco et commercial pour les élèves titulaires d’un bac ES, avec deux types d’internat, classique et Crous. Et, à la rentrée 2011, nous aurons terminé notre montée en charge complète avec un effectif qui sera passé à plus de 500 internes.

                                                Propos recueillis par Patrick Lallemant

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