Ian P., 21 ans, fraîchement arrivé dans la capitale, complète notre dossier sur l’éducation américaine avec son expérience personnelle. « J’étudie dans l’université d’Etat du Vermont. J’habite dans l’Etat de New York, mais j’ai préféré me déplacer car Vermont était l’une des universités les moins chères que je pouvais me permettre. » Ian s’est lancé dans un « Bachelor’s Degree » (équivalent de notre licence) en Mechanical Engineering (Ingénieurie Mécanique). La formation dure 4 ans, il en est à la moitié. Et chaque année lui coûte environ « 14 000 dollars », toutes aides déduites. Mais puisqu’il vient d’un Etat différent, il doit aussi payer plus cher que les étudiants locaux.

Qu’est-ce que l’éducation évoque pour lui ? « Si j’avais quelque chose à dire sur l’éducation dans mon pays, ce serait de se méfier des apparences. Par exemple, le Vermont fait tout pour se donner l’aspect d’un Etat écolo, attentif au développement durable, et notamment dans notre université. Mais quand on est sur place, on voit bien que c’est faux. »

Que sait-il de la réforme scolaire entreprise par Barack Obama ? « Pas grand-chose… Je connais mieux le programme ‘No Child Left Behind’, qui était une idée de Bush. Ca concernait le primaire et le secondaire. L’idée était de faciliter l’accès à l’éducation, et de s’assurer qu’aucun enfant n’était à la traîne. Mais de ce que j’en ai vu, ça s’est traduit par un nivellement par le bas : puisqu’il fallait que tout le monde comprenne, on n’enseignait plus que le minimum, et les bons élèves ne progressaient plus. »

Mais au fait, que fait Ian à Paris alors qu’il est en pleines études ? « J’ai pris ma ‘gap year’ – un peu en avance ! » nous explique-t-il. La gap year est une sorte d’année sabbatique, qui suit d’habitude la remise du diplôme de premier cycle universitaire (« graduation »). Certains l’emploient à des travaux humanitaires ou associatifs, pour donner du brillant à leur CV. D’autres, comme Ian, la consacrent à traverser l’Europe de bout en bout, pour évacuer le stress des études tout en s’ouvrant à de nouvelles cultures. Mais contrairement aux clichés véhiculés par Hollywood, c’est l’exception plutôt que la règle : « Il y a peut-être un étudiant sur 5, ou sur 10, qui part comme ça à l’étranger. La plupart des étudiants commencent à travailler dès qu’ils ont leur diplôme. »