Pendant que ses amis révisaient pour leurs examens du premier semestre, un étudiant anglais est parti skier. « Si j’étais à leur place, moi aussi je me détesterais, » avoue-t-il sans complexes. Pour une raison non précisée, au lieu de partiels, lui a dû rendre un essai de 3 000 mots. Et il s’en félicite : le sujet était barbant, mais l’exercice l’a obligé « à lire tous azimuts, engager une réflexion sur chaque argument, pour parvenir à une réponse à la fois globale et profonde. » Bilan ? « J’ai vraiment appris quelque chose, ce qui arrive rarement à l’issue d’un partiel. » Pour lui, « les examens encouragent une façon cynique d’apprendre : « Est-ce que ça fera partie de l’examen ? » est une question qui rend les professeurs malades. » En Angleterre comme ailleurs…

En France, on voudrait déjà « universitariser le lycée ». Pourquoi ne pas « masteriser la licence » ? « Les partiels sont une relique du passé et doivent être abolis » : un point de vue audacieux, mais facilement étayé. La « régurgitation » du savoir brut peut effectivement sembler absurde. L’examen contrôle des connaissances qu’on aura bien souvent « oubliées dès le lendemain ». Il faut encore rédiger à la main, alors qu’aujourd’hui « n’importe quel devoir maison doit être tapé à l’ordi ». Sans oublier le risque statistique, dans des amphis « grands comme des hangars à avions », de devoir passer au moins trois heures avec dans le dos un étudiant qui aura « un rhume » de saison…

Enfin, il est difficile d’imaginer une place pour la démarche scolaire ‘bête et méchante’ dans l’univers professionnel. « Un patron ne viendra jamais vous voir pour dire : « Bon, alors je veux une analyse des statistiques du dernier trimestre sur mon bureau dans trois heures. Ecrit à la main, et de mémoire. »« 

Puisque l’accès à la documentation n’a jamais été aussi aisé, « nous devrions [plutôt] être évalués sur notre capacité à trouver, utiliser et analyser l’information », estime-t-il. Pour cet étudiant impitoyable, il n’y a qu’un intérêt à bachoter : « se muscler le poignet. »