Le SNPDEN s’apprête à lancer sa propre étude sur les conséquences de l’assouplissement de la carte scolaire sur les effectifs et la mixité sociale. Le principal syndicat des personnels de direction reproche en effet au gouvernement de ne pas fournir d’éléments en la matière.

« Voilà cinq mois que Luc Chatel nous parle de chiffres sur la carte scolaire, et nous n’avons toujours rien. Le ministère dispose pourtant des statistiques et des outils pour fournir ces données, là nous avons vraiment l’impression qu’il est en train de chercher les chiffres qu’il faut », explique ainsi Philippe Tournier, son secrétaire général. Or, le SNPDEN craint une « déstabilisation muette » : selon Philippe Tournier, « les établissements difficiles perdent leurs meilleurs élèves, quelques-uns, désertés, doivent même fermer ».

Cette « enquête de ressenti » sera organisée sur internet, du 9 au 19 mars prochain, auprès des personnels de direction de l’enseignement secondaire. Ceux-ci détailleront l’évolution des effectifs de leur établissement en lien avec l’assouplissement de la carte scolaire. Ils devront notamment préciser le type d’établissement qu’ils dirigent, son environnement géographique et la présence ou non dans les alentours d’un autre établissement public.

Déjà, lors de son congrès de mai 2009, le SNPDEN avait réclamé la création d’un Observatoire de la carte scolaire, chargé de mesurer les effets de son assouplissement. Par ailleurs, un récent rapport de la Cour des Comptes sur le sujet soulignait les risques de création de ghettos.

Sources : AFP, Libération, Localtis.info, les Echos, l’Humanité, snpden.net