Harry Roselmack : « L’école ne prend pas assez en compte les cas particuliers »

A la barre du journal de 20 heures et de l’émission 7 à 8, puis de « Harry Roselmack en immersion », le dimanche soir sur TF1, Harry Roselmack est devenu la personnalité télé préférée des Français. En exclusivité pour VousNousIls, il ouvre l’album de ses souvenirs d’écolier et livre le regard qu’il porte aujourd’hui sur l’Éducation nationale.

Quels souvenirs gardez-vous de votre scolarité ?

Je garde de très bons souvenirs de mes études, y compris des enseignants qui me semblaient assez durs à l’époque. J’ai d’ailleurs une jolie histoire à ce sujet. Après mon premier été au 20 heures de TF1, j’ai reçu une lettre, rédigée d’une superbe écriture, à l’ancienne : mon professeur de CE2 m’écrivait qu’il était fier de moi. C’était un prof à l’ancienne, sévère, qui tirait les oreilles et qui, quand j’étais dans sa classe, me paraissait avoir déjà 90 ans ! Étonné, plutôt que de lui répondre par courrier, quand je suis retourné à Tours, je suis allé le voir pour le remercier, sans le prévenir. J’ai frappé à sa porte, sans même savoir s’il était là. Un petit monsieur très tonique est arrivé en bas des escaliers, m’a ouvert, et m’est littéralement tombé dans les bras ! Il incarne pour moi tous les enseignants qui remplissent leur mission avec cœur, et dont le désir absolu de voir réussir leurs élèves passe par une forme de sévérité.

Avec le recul, que vous ont apporté toutes ces années ?

Tout ! Dans l’éducation, il y a les parents, la famille, la vie avec les copains, le sport… Et puis il y a l’école. Au-delà de ce que je sais, elle m’a apporté une partie de ce que je suis. Je n’imagine pas une construction harmonieuse sans école, sans l’expérience de la vie en communauté, de l’autorité autre que celle des parents qu’elle procure. La seule matière qui me posait problème, c’était la géométrie. Sinon, j’étais plutôt un bon élève, pas vraiment bosseur, mais qui faisait ce qu’il fallait… J’aimais évidemment particulièrement le français et les rédactions. Et mes années à l’IUT de Tours comptent parmi les meilleures de ma vie.

L’Éducation est-elle un dossier que vous suivez particulièrement ?

Professionnellement, je ne le suis pas particulièrement, mais j’y prête attention. Le ministère de l’Éducation nationale est le plus gros pourvoyeur d’emplois de fonctionnaires en France, je m’y intéresse donc à la hauteur de cette importance dans la société.

Et à titre personnel ?

Papa de deux petites filles, dont l’aînée est en jardin d’éveil, je trouve que le système est trop inégal, pour ne pas dire inégalitaire. Il y a trop d’endroits où l’école n’est pas assez présente, pas assez performante… Pour en discuter parfois avec une amie enseignante, je sais à quel point ce métier est difficile. Mais justement, il faut mettre en place une meilleure organisation, qui permette aux professeurs d’avoir, là où c’est nécessaire, moins d’élèves pour en obtenir davantage d’attention ; où les enseignants puissent s’arrêter de temps en temps dans les endroits où ils en ont le plus besoin… Le problème des systèmes normatifs est qu’ils ne prennent pas suffisamment en compte les cas particuliers. Or la règle générale fonctionne dans certains endroits, mais pas dans d’autres. Des dispositifs comme ceux de l’éducation prioritaire existent, et montrent que l’on s’est un peu adapté en fonction des spécificités. Mais il faut évoluer davantage dans ce sens, pour que tous nos enfants, où qu’ils soient, aient la même chance de réussir.

Votre arrivée à TF1 vous avait placé au cœur d’un débat sur la discrimination positive. Que pensez-vous de celui qui entoure les quotas de boursiers dans les grandes écoles ?

Je suis évidemment favorable à ces quotas. Il n’est pas inéquitable d’aider davantage celui qui en a le plus besoin. Si vous êtes parent de deux enfants, vous aimez autant l’un que l’autre. Mais si l’un des deux a plus de difficultés, vous allez lui offrir des cours de rattrapage. Et ce n’est pas pour autant qu’il faudra en offrir à celui qui est déjà bon en classe ! Donner plus à celui qui a le plus besoin me semble simplement logique et humain. Toute démarche qui va dans ce sens est donc positive.

Propos recueillis par Patrick Lallemant

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