"La Pierre" au théâtre de la Colline

Jusqu'au 17 février se joue au théâtre de la Colline à Paris, "La Pierre" de Marius von Mayenburg, dans une mise en scène de Bernard Sobel. Un spectacle d'une grande densité.

« En effet lorsque l’on se remémore un événement, notre cheminement n’est pas logique, la mémoire
ne suit pas un ordre chronologique : les événements nous reviennent entremêlés, parce que nos
émotions les ont mélangés. C’est ce phénomène que j’ai tenté en tant que dramaturge de
retranscrire. »

Marius von Mayenburg (citation extraite du dossier pédagogique, voir plus bas)

Lorsque l’on assiste à la représentation, on se dit que le dramaturge a parfaitement réussi. « La Pierre » n’est pas une pièce sur la mémoire, ni sur l’histoire, mais sur l’interaction des deux, et le façonnement des destins et des identités qu’elle induit.

Le sujet ?

1993 : Trois femmes, la grand-mère, sa fille et sa petite-fille, retrouvent ce qui fut autrefois leur maison de famille après son achat en 1935 à un couple juif contraint à la fuite. La réunification de l’Allemagne et les lois de restitution leur ont rendu ce bien qu’elles avaient à leur tour abandonné pour passer à l’Ouest après la partition du pays. Tout semble donc rentré dans l’ordre : une page particulièrement difficile de l’histoire nationale et de celle d’une famille semble pouvoir enfin se tourner.
Mais les choses ne sont pas si simples.

La maison semble hantée par les fantômes, morts ou vivants, du passé : Mieze, Wolfgang, Stefanie…
Dans cette maison, la grand-mère est victime de terribles visions du passé et la fille, en proie en doute, pose des questions troublantes. Quant à la petite-fille, elle ne rêve que de fuir…

De 1935 à 1993, la pièce de Mayenburg revisite soixante ans d’histoire allemande. On passe sans cesse d’une époque à l’autre au fil de la représentation, et les personnages existent, agissent -sans jamais être jugés.

Marius von Mayenburg est par ailleurs proche en âge de la petite-fille de sa pièce, Hannah, étant lui-même né en 1972 à Munich : il appartient à sa génération.

La mise en scène très sobre de Berbard Sobel permet de se concentrer sur la force des mots et du texte. Le motif de la pierre

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