Lycée : la nouvelle première

Notre analyse, classe par classe, de la réforme des lycées se poursuit avec un gros plan sur les futures nouvelles premières*, qui verront le jour à la rentrée 2011.

Après la classe de seconde qui fait la part belle à l’exploration, la première acquiert également un caractère plus généraliste que par le passé. Avant le choix d’une véritable spécialisation en terminale, 15 heures hebdomadaires d’enseignement commun à toutes les séries devront faciliter une éventuelle réorientation des lycéens.

Un large tronc commun

Chaque semaine, tous les élèves de première suivront donc 4 heures de français et autant d’histoire-géographie, 4 heures 30 de langues vivantes, 2 heures d’ EPS et une demi-heure d’éducation civique, juridique et sociale.

Ce tronc commun, combiné à la création de stages « passerelles », doit permettre les corrections de trajectoire. Le schéma correspond à ce qu’attendait Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT. « Notre projet prévoyait une spécialisation progressive tout au long des trois ans. Ce tronc commun important nous semble donc tout à fait utile. Encore faudra-t-il qu’il ne se traduise pas par des effectifs plus importants et par des regroupements sauvages ! »

Les classes pourront, en effet, réunir des élèves de séries différentes. Comme en seconde, les langues vivantes pourront être enseignées par groupes de compétences. Au nom de Sud Education, Jean Burner estime quant à lui que les possibilités de réorientation resteront limitées. « Le principe pourrait être intéressant. Mais rien n’est organisé. On balance des idées, comme ça, sans bâtir les structures qui permettraient de les appliquer concrètement ».

Une dizaine d’heures de spécialisation

A ces 15 heures communes s’ajouteront par ailleurs deux heures hebdomadaires d’accompagnement personnalisé, au cours desquelles les lycéens définiront leur projet d’orientation, et une heure de Travaux personnels encadrés (TPE). Enfin, selon les séries, les horaires de spécialisation iront de 8h30 (L) à 10 heures (S). Leur répartition ne satisfait toutefois pas Thierry Cadart. « Tout découle de l’absence des mathématiques, des SVT et de la physique-chimie dans le tronc commun, qui reste exclusivement littéraire et social. Cela nous semble incompatible avec la volonté de différer les spécialisations et, surtout, avec l’objectif avoué de rééquilibrer les filières ».

Jean Burner se montre encore moins convaincu et redoute les effets induits de ces changements : « Ce qui va se passer reste encore assez flou, mais la multiplication des options et des modules va nécessairement entraîner une réorganisation complète. A travers la ventilation des services, c’est le statut même des enseignants qui va se trouver menacé ». Il replace finalement ces évolutions dans un contexte plus large : « Derrière cette réforme se cache l’objectif comptable du gouvernement et les 40.000 suppressions de postes en cinq ans, qui entraînent des réductions d’horaires pour les élèves comme pour les enseignants ».

Thierry Cadart porte un regard d’ensemble plus favorable. « L’accompagnement personnalisé mis en place pendant les trois années de lycée, par exemple, est intégré au temps de travail des collègues. Cela nous paraît important que, pour une fois, on élargisse les compétences des enseignants tout en le reconnaissant ».

Patrick Lallemant

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