Lycée : la réforme des secondes

Dans notre série d'articles sur la réforme des lycées, nous entamons l’analyse des modifications apportées classe par classe. La réforme des secondes entrera en vigueur dès la rentrée prochaine. Elle fait de cette entrée au lycée une année de détermination.

Quelle que soit leur future orientation, tous les lycéens de seconde suivront chaque semaine 23h30 d’enseignements communs, regroupant les matières de base : français (4h), mathématiques (4h), LV1 et 2 (5h30), histoire-géographie (3h), physique-chimie (3h), SVT (1h30), EPS (2h) et éducation civique, juridique et sociale (0h30).

Mais Jean-Michel Léost, le président de la Société des agrégés, craint un effet pervers de ces regroupements : « Ils auront des conséquences sur le métier d’enseignant, en augmentant les effectifs des classes, voire le nombre de classes par professeur, et en limitant la liberté pédagogique. Car des lycéens aux attentes diverses vont se retrouver ensemble ».

Dédoublements possibles

Toutefois, afin d’améliorer leur apprentissage, l’enseignement des langues se fera par groupes de compétence. Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, s’en félicite tout en formulant un impératif : « Il ne faut surtout pas les transformer en groupes de niveaux. L’objectif est de travailler effectivement par petits groupes sur l’acquisition des compétences nécessaires à l’apprentissage d’une langue : compréhension de l’écrit, expression écrite, compréhension auditive, expression orale… »

Deux enseignements d’exploration

Nouveauté instituée par la réforme, à ce tronc commun s’ajouteront deux fois une heure trente d’enseignement d’exploration. Le premier aura forcément une connotation économique et sera à choisir entre « sciences économiques et sociales » et « économie appliquée et gestion ». Le second pourra soit être l’enseignement d’économie non retenu en premier choix, soit l’une des matières suivantes : sciences médico-sociales, biotechnologies, physique et chimie de laboratoire, littérature et monde contemporain, sciences de l’ingénieur, méthodes et pratiques scientifiques, conception produits industriels, ou arts (danse, musique, théâtre, cinéma…). Certaines de ces disciplines pourront également faire l’objet de dédoublements de classes. Mais Jean-Michel Léost y voit un autre danger : « Cette pratique risque d’instaurer une concurrence néfaste entre les disciplines, pour profiter de ces heures à effectifs réduits ».

Accompagnement et remise à niveau

Autre grande innovation, à l’image de ce qui existe déjà en primaire et au collège, tous les élèves bénéficieront de deux heures hebdomadaires d’accompagnement personnalisé. A cet égard, deux points semblent particulièrement positifs à Jean-Jacques Hazan : « Il s’agit en particulier d’aide méthodologique, prenant notamment la forme de travaux méthodologiques pluridisciplinaires. Cela relève d’une nouvelle logique pédagogique, qui répond à une demande que nous formulions depuis longtemps ».

A ces 28 heures 30 obligatoires pourront s’ajouter trois heures d’options. Pas suffisant, aux yeux de Jean-Michel Léost, pour gommer les défauts d’une réforme dont la société des agrégés demande le retrait : « Le temps d’enseignement diminue et le contenu disciplinaire s’appauvrit. Même si le ministère ne l’avoue pas, il est évident que, derrière cette réforme, se cachent un objectif comptable et la décision de ne pas remplacer un enseignant sur deux partant en retraite ».

Patrick Lallemant

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.