Yann Arthus-Bertrand : L’éducation à l’environnement ne suffit pas

Pendant toute la durée du sommet, Yann Arthus-Bertrand et sa fondation sont à Copenhague pour y diffuser quotidiennement des films sur l’environnement et le changement du climat(1). Depuis plusieurs années, le photographe-réalisateur collabore régulièrement avec l’Éducation nationale. Les enseignants recevront d’ailleurs bientôt son nouveau kit pédagogique.

Pourquoi est-ce important pour vous de sensibiliser parents, enfants et enseignants ?

Aujourd’hui, tout est lié, ce qui rend les choses très compliquées. Par exemple, manger de la viande est mauvais pour l’environnement, mais les gens ne comprennent pas pourquoi. Nous sommes passés de 2 milliards à 7 milliards d’habitants et notre façon de vivre a un impact sur la terre, qu’elle ne peut pas supporter. Même nos vêtements ont un impact sur la planète ! Tout ce que nous consommons vient d’ailleurs. Tous ces liens entre l’eau, l’agriculture, ce que nous achetons, la biodiversité… ne sont pas très faciles à comprendre. C’est cela qu’il faut essayer de décrypter et expliquer.

A quelques jours du sommet de Copenhague, on a tout de même l’impression que l’avenir de la planète est surtout entre les mains des politiques…

C’est vrai qu’ils ne s’occupent sûrement pas assez d’environnement, mais je ne voudrais pas que l’on reporte tout sur les politiques. Ne serait-ce que parce que je crois aussi que nous avons les élus que nous méritons. Il revient à tous les citoyens de faire comprendre aux politiques l’importance de l’environnement. Chacun d’entre nous doit agir au quotidien et à son échelle, faire des efforts pour contribuer à la protection de la planète.

Justement, quelles peuvent (et doivent) être nos actions au quotidien ?

Mon travail n’est pas de donner la solution. Je ne crois d’ailleurs pas qu’il y ait une solution miracle. Mais nous devons, tous ensemble, changer petit à petit nos comportements, pour que cela ait un impact global. Mon travail et celui de GoodPlanet est de faciliter une prise de conscience, de sensibiliser. Par mes films, la télévision, les posters, je donne un outil aux éducateurs pour qu’ils puissent travailler. Car une fois que l’on est convaincu, les choses deviennent simples. Diminuer sa consommation de viande ou faire attention à acheter des produits locaux et de saison ne demande plus d’effort, ça devient naturel. Et ce ne sont là que des exemples, beaucoup d’autres choses peuvent être faites. Mais je pense que c’est plus aux scientifiques et aux spécialistes de parler de cela.

Où en est la diffusion de votre dernier kit pédagogique ?

Nous sommes presque à cours de stock comme chaque année. La prochaine édition des posters arrive fin janvier et elle porte sur l’eau. On nous les demande déjà. Ils sont considérés comme un outil pédagogique à part entière. C’était notre volonté au départ. Je suis ravi que ce soit le cas et que l’on puisse continuer. Je remercie d’ailleurs nos partenaires, qui nous permettent une fois encore d’offrir ce kit de posters aux 55.000 écoles, collèges et lycées de France.

Pensez-vous que le développement durable occupe une place suffisante dans les programmes scolaires ?

Il est effectivement très important de privilégier l’éducation à l’environnement à l’école. Mais il ne faudrait pas se contenter de cela. J’ai en effet toujours l’impression que l’on demande aux enfants de faire ce que nous n’avons pas envie de réaliser nous-mêmes. Soyons vigilants, et ne pensons surtout pas qu’en développant l’éducation à l’environnement, nous pouvons ensuite nous dispenser d’agir à notre niveau.

Propos recueillis par Patrick Lallemant

Partagez l'article

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.